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Juin 2012

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Evoluer dans un monde imparfait

 

Au milieu de l’année 2012, nous ne pouvons que constater l’accélération des scénarios d’affrontement qui se déroulent sur toute la planète : entre ceux qui freinent et ceux qui foncent, entre la prise de risque et la prudence, entre les mondialistes et les nationalistes, entre ceux qui agissent au niveau mondial et ceux qui agissent au niveau local. À un niveau plus profond, nous remarquons que des tensions intérieures s’élèvent entre la volonté personnelle et les intérêts froids, la soif de liberté individuelle et la solidarité nécessaire avec l’ensemble.

 

Symboliquement, cette année 2012 nous met au défi d’exprimer concrètement notre capacité à devenir des individus libres, entourés d’image de chaos et d’incertitude. Sans véritable liberté, nous ne pouvons pas décider réellement et encore moins changer nos destinées individuelles et collectives mais nous ne pouvons prétendre être libre au détriment de la liberté d’autrui. Nous ne pouvons pas ignorer l’autre. Malgré cela, nous avons développé dans notre comportement social et individuel plusieurs formes sournoises d’oubli de l’autre : le déni, la fuite en avant, la froideur, la désinformation… qui construisent un jeu d’ombre et ne favorisent que des scénarios de tyrannie.

 

Pour commencer à agir en être libre, nous devons apprendre à reconnaître avec détachement nos souffrances, nos limites et nos torts ainsi que ceux des autres. Nous devons nous libérer des freins qui nous empêchent d’avancer au nom de cette extraordinaire excuse que sont nos propres limitations et les contraintes extérieures. Il est temps de se libérer de ces souffrances cachées qui, inconsciemment, sont le prétexte pour ne pas avancer ou pire pour composer avec le pouvoir du tyran.

 

L’année 2012 devient ainsi le témoin d’une période d’affrontements, petits ou grands et disséminés de part et d’autres de la planète, dans un grand désordre.

 

Une exposition exceptionnelle, Les Maîtres du Désordre (1), qui se déroule au musée du quai Branly, met à la lumière du jour contemporain, l’idée essentielle élaborée par les sociétés traditionnelles, qui est la nécessité de pénétrer le désordre, pour ramener l’ordre dans les choses. Aujourd’hui, au niveau individuel et social, nous avons perdu l’expression cathartique de cette fonction. Soit nous repoussons le désordre en instaurant la répression, ce qui engendre rigidité et contrainte et développe des situations de peur grandissantes, soit nous sombrons dans le chaos, perdant toute forme de responsabilité et d’engagement. Alors qu’en réalité, par leur action, les maîtres du désordre engendraient une véritable purification, «catharsis», une décharge émotionnelle libératrice qui transformait l’émotion en pensée.

 

Nombreuses sont les traditions qui mettent en scène le combat nécessaire et sans fin de l’ordre et du désordre. Elles révèlent que la tension entre ces forces contraires est indispensable à l’équilibre de l’univers et à sa continuité. Pour se protéger de l’infortune et du malheur qui révèlent l’imperfection du monde, des intercesseurs apparaissent, pour négocier avec les puissances ambivalentes et dangereuses et ils deviennent les maîtres du désordre. Si par le passé, les sociétés archaïques pouvaient se satisfaire de l’existence de ces intercesseurs, aujourd’hui, pour évoluer individuellement et collectivement, chacun de nous doit contribuer personnellement à la transformation du désordre en ordre intelligent, en soi et autour de soi. Pour cela, il faut reconnaître qu’il n’existe pas d’ordre sans ambivalence et que bien que l’homme et le monde soient imparfaits, ils peuvent toujours évoluer et s’améliorer. C’est en faisant des efforts sur soi-même pour maîtriser les déséquilibres personnels, sociaux ou écologiques qu’une nouvelle harmonie individuelle et collective pourra s’instaurer.

 

Dans notre monde régi par l’émotion, nous devons reprendre la maîtrise de nos pensées pour agir avec clarté.

 

(1) Jusqu’au 29 juillet 2012 – Musée du Quai Branly – 22, rue de l’Université - 75343 Paris cedex 7

Tel : 01 56 61 70 00 – www.quaibranly.fr