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Agenda

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  • Grandes oeuvres philosophiques. Propos sur l'éducation d'Alain
    jeudi 27 avril 2017 de 10h à 12h
    19 bd Salvator 13006 Marseille

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    jeudi 4 mai 2017 de 10h à 12h
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    jeudi 11 mai 2017 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

Janvier 2011

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Faut-il attendre la tyrannie

pour philosopher ?

L’idée qu’il est possible à chacun d’examiner sa propre vie en se posant des questions atemporelles universelles continue à être aussi révolutionnaire qu’à l’époque de Socrate. L’expérience du siècle dernier avec ses systèmes totalitaires, mais aussi du nôtre, démontre qu’un pouvoir politique qui se considère lui-même comme l’incarnation d’une idéologie et comme le sommet de la pensée, ne peut pas tolérer la pensée philosophique. Mais la philosophie a survécu à ses martyrs comme à ses persécuteurs.

 

Plusieurs régimes aujourd’hui, certains athées et d’autres religieux, tous pensant vivre dans la «vérité», empêchent les uns et les autres de se poser les bonnes questions. Mais la philosophie de l’histoire démontre que ce manque d’acceptation de leurs propres contradictions est remis en question car il conduit inexorablement la société vers sa propre décadence.

 

N’oublions pas que, par le passé, que des milliers de personnes et philosophes ont agi en silence, encerclés par des sociétés fermées. Nous voulions tous simplement rendre hommage à leur ténacité et leur confiance en l’âme humaine. Ils furent, consciemment ou non, le relais qui à travers des formes non-violentes sut, à un moment donné, faire pencher la balance de l’Histoire. Toute forme de fondamentalisme, c’est-à-dire la politisation de la religion ou l’idéologisation de la tradition n’est qu’une attitude défensive face au pluralisme et à la réflexion philosophique. Les périodes d’anxiété encouragent la voie socratique de la philosophie qui devient de plus en plus nécessaire et rendent ceux qui vivent sous la tyrannie, plus particulièrement réceptifs à ses leçons. Au-delà de l’apparence et des discours ses enseignements apportent un précieux sens de la réalité. Dans notre propre société, nous ne sommes pas exemptés de l’emprise de nos propres «fondamentalismes», ceux de la consommation et de la superficialité.

 

N’attendons pas l’arrivée des vraies tyrannies pour philosopher !