Mai 2013

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Gardons l'espoir !


La cinquantième rencontre internationale des associations Nouvelle Acropole dans le monde nous a réunis mi-avril 2013 en Israël, pays à multiples contrastes et contradictions, comme tout le monde le sait. L’action de notre association sur place est exemplaire concernant le dialogue inter-religieux et inter-communautaire. Le logo que les organisateurs ont choisi cette année était celui d’une colombe portant dans son bec une branche d’olivier. Je me suis alors exclamé devant eux en leur disant en souriant : «Vous voulez alors nous apporter la paix ?». Ils m’ont répondu également en souriant : «Pour nous, dans nos traditions, la colombe portant l’olivier nous apporte l’espoir et pas forcément la paix, mais cet espoir devient le moteur pour nous battre, pour la paix et une meilleure entente».

Le message de la présidente internationale Délia Steinberg Guzman fut très éloquent. Il s’agit d’entretenir sans se lasser la force de l’union.

«Un des éléments qui nous font le plus de tort, en ce moment, est l’absence d’union, qu’on retrouve dans tous les aspects et tous les domaines de la vie. Les critiques, qui constituent notre pain quotidien, et la méfiance, qui est le sentiment prédominant, détruisent toute relation solidaire entre les êtres humains.

 

Précisément, la maladie qui s’abat sur notre présent historique – et il y a déjà pas mal de temps que nous la traînons à l’état larvé – est le séparatisme, le démembrement, la lutte ouverte entre factions qui se font toujours plus petites, jusqu’à en venir à l’affrontement d’un individu contre un autre. Cela se vit dans les milieux politique, culturel, religieux, artistique, social, familial. Cela se voit dans les rues des grandes villes et s’attaque désormais aux petits villages. La méfiance règne en maître sur les esprits et cela se traduit en manque de courtoisie, brusquerie, irritation, absence de scrupules, manque de sincérité, égoïsme... Il n’y a pas de convivialité possible quand fait défaut la générosité de l’amour, et quand prévaut le sentiment exclusif de celui qui se considère unique au monde. Pour vivre ensemble, il faut élargir la conscience et accepter tous les êtres vivants, comprendre la vie en toute chose et concevoir l’infinité de l’univers. Il faut connaître et donner du prix à tout ce qui est... Et avoir le courage de partager ce que nous sommes avec tous ceux qui sont. Personne ne peut obtenir sa réalisation s’il méprise la réalisation des autres.» (1)

 

Nous devons dans ces temps incertains mais remplis d’opportunité, apporter des propositions pour un monde meilleur, nous explique le président international adjoint, Giorgio Planas : «il est donc urgent de présenter des propositions pour avoir des solutions alternatives qui puissent être confrontées à celles que nous recommandent les différents organismes internationaux. L’organisation internationale Nouvelle Acropole (OINA) a les siennes que, sincèrement, nous considérons comme très valables et possibles à réaliser. Concrètement, il s’agit de développer les trois principes constitutionnels qui l’inspirent, à savoir :

- Fraternité et tolérance : promouvoir un idéal de fraternité universelle, basée sur le respect de la dignité humaine, au-delà des différences raciales, sexuelles, culturelles, religieuses, sociales, etc.

- Connaissance universelle : Éveiller l’amour de la sagesse qui favorise la connaissance de l’univers, de la nature et de l’être humain, à travers l’étude comparée des philosophies, des religions, des sciences et des arts.

- Développement intégral : développer le meilleur de notre potentiel humain, en aidant à notre pleine réalisation en tant qu’individus, et notre intégration dans la nature et dans la société, non en tant que spectateurs mais en tant qu’acteurs dans un monde à améliorer. Notre travail conduira à des individus meilleurs qui assurent durabilité au développement social.

 

Ces principes sont en étroite relation avec les trois terrains d’action, tant au niveau individuel que social, que propose l'OINA : la philosophie, la culture et le volontariat.

- La philosophie, pour que chacun d’entre nous apprenne à être meilleur, afin de faire tous ensemble un monde nouveau et meilleur.

- La culture, non pas comme simple information mais comme formation d’un caractère capable de discerner et de comprendre, pour éradiquer l’ignorance qui, comme on le sait, est mère de tous les maux de l’humanité.

- Le volontariat, pour apprendre à être totalement responsable et assumer librement et de façon désintéressée, de manière personnelle, les défis que les États ne peuvent plus couvrir, parce qu’il leur manque un soutien et un consensus social, comme le démontrent les nombreuses grèves et révolutions qui se succèdent continuellement dans le monde entier.

 

Dans l’intention de servir ces fins, des milliers de volontaires encadrés dans les programmes de l'OINA, développent leur tâche d’idéalistes dans plus de cinquante pays.»

 

Le bilan concret de cette année est globalement très positif. Plus de 16.000 personnes suivent dans le monde nos cours avancés de philosophie. Le nombre de volontaires qui ont participé dans de nombreux programmes est de 40 238. Ils ont  apporté de l’aide à 434.816 personnes dans le monde. Nous sommes très fiers de ces résultats puisqu’ils sont tous issus d’actions autoportantes et au service des communautés les plus défavorisées. Les actions se sont centrées sur les différents aspects de la vie quotidienne dans laquelle la pratique de la philosophie montre une efficacité réelle, pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons face en tant qu’êtres humains. Par ces exemples concrets, nous rendons plus facilement possible la compréhension que la philosophie est une «forme de vie».

 

Nous avons participé avec l’Organisation des États américains, dont nous sommes auditeurs, au projet pour la jeunesse «Connecte-toi avec la paix» et au niveau mondial, nous avons célébré la Journée mondiale de la Philosophie à l’initiative de l’Unesco.

 

Nous envisageons chaque action d’une façon artisanale pour que le contact humain soit privilégié et le dialogue puisse s’instaurer. Ce sont de petits ruisseaux qui lentement formeront un fleuve. Et même si nous n’avons pas encore réussi à instaurer la paix dans le monde, nous gardons l’espoir.

 

(1) Extrait tiré de l’Anuario ou Bilan annuel des activités de l’Organisation internationale de Nouvelle Acropole dans le monde 2012