Aller à la page Formation aux Sagesses d'Orient et d'Occident

Agenda

Consulter l'agenda complet

  • Grandes oeuvres philosophiques. Propos sur l'éducation d'Alain
    jeudi 27 avril 2017 de 10h à 12h
    19 bd Salvator 13006 Marseille

  • Les grandes oeuvres philosophiques. La crise de la culture d'Hannah Arendt
    jeudi 4 mai 2017 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

  • Les grandes oeuvres philosophiques. Le phénomène humain de Teilhard de Chardin
    jeudi 11 mai 2017 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

Le sommet des consciences pour le climat

Septembre 2015

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

Télécharger la revue

Pour en savoir plus

 

Le sommet des consciences pour le climat

 

 

Une fois n’est pas coutume. La France s’est honorée, le 21 juillet dernier, en convoquant un Sommet des consciences à Paris, pour faire face à la crise du climat. Quarante autorités religieuses, morales, spirituelles et scientifiques venues du monde entier ont fait entendre leur voix sur la question du changement climatique. «La crise du climat ne se réduit pas à ses dimensions économiques et techniques mais c’est aussi une crise du sens […]. Notre mode de vie n’est plus compatible avec le développement humain» a déclaré le Président de la République François Hollande lors de l’ouverture du Sommet. Cet appel à la spiritualité et à la philosophie, et pas uniquement à la science ou à la technique pour résoudre un des problèmes majeurs que l’humanité doit affronter aujourd’hui, est inédit et bienvenu. Intégrer à la réflexion des autorités morales et spirituelles pour résoudre un enjeu qui touche toute la société, est un évènement majeur pour la France.

 

Ce fut un moment d’ouverture d’esprit dans lequel laïcs et religieux méditèrent ensemble, comme le fit concrètement la vénérable moniale bouddhiste Chang Ji, quand elle invita l’assistance à fermer les yeux à et se relier par la méditation ou la prière.

 

Ce vaste projet, qui fait prendre conscience que le climat est l’affaire de tous, émane de Nicolas Hulot, qui depuis la fin 2012, est devenu l’envoyé spécial du Président de la République pour la préservation de la planète. Pour l’ex-journaliste, il n’est pas question de laisser le débat aux négociateurs et aux technocrates.

«Compte-tenu de l’inertie des négociations, il faut actionner les leviers de la conscience, du sens et de la spiritualité, même si, dans un monde très matérialiste, ça n’aura pas la résonance que cela mérite […]. On ne peut pas ignorer la dimension culturelle de notre crise» (1).

Tous les participants ont constaté que nous vivons aujourd’hui une crise de civilisation qui ne dit pas son nom. Notre modèle est épuisé et n’a plus aucun sens. Cette crise va au-delà de l’économie, de la politique, de la science ou de la technologie. «La crise climatique est une possibilité donnée à l’humanité de redécouvrir les valeurs communes», a rappelé à la tribune le Rabin David Rosen (2). Tous les intervenants appelés à s’exprimer ont évoqué l’image du consumérisme et dénoncé l’accroissement des inégalités et la responsabilité des générations actuelles, vis-à-vis des générations futures.

 

«Si nous n’agissons pas, nos petits-enfants vivront dans un monde où la production alimentaire se sera effondrée, où des villes comme New York seront menacées par les flots, et où les catastrophes naturelles se multiplieront» a confirmé l’ancien secrétaire général des Nations-Unies Kofi Annan. L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan a expliqué que «notre planète est la seule qui héberge la vie intelligente. Si nous autres nous nous détruisons, nous créerons du non-sens dans l’univers».

 

Il est clair que la tâche semble très ardue, pour parvenir à obtenir un véritable accord climatique, à la fin de l’année à Paris, avec 196 pays engagés. Comme l’a résumé la ministre brésilienne et sénatrice de l’État d’Acre au Brésil, Marina Silva, «changer les modèles des consommations des classes moyennes et riches du monde entier» ou encore «assumer les transferts financiers technologiques du Nord vers le Sud » pour endiguer le réchauffement climatique sous le seuil des 2 C°, peut apparaître une tâche impossible. Susan Smith de WWF (3) veut y croire : «ces personnalités religieuses et morales ont une énorme crédibilité, assure la directrice mondiale pour le climat et l’énergie de l’ONG mondiale. Il est important pour les décideurs de sentir la pression des religions et des spiritualités qui représentent et peuvent mobiliser des centaines de milliers de personnes à travers le monde». L’encyclique sur l’environnement laudato si’ (4) du Pape François, prononcé le 18 juin, n’a pas laissé indifférent, comme on l’a vu.

Susan George (5), présidente d’honneur d’ATTAC, affirme que seul le mouvement des citoyens est en mesure de faire pression sur les États. En effet, chacun de nous a sa responsabilité dans cet enjeu et peut y participer.

 

Why do I Care (6), le texte de l’appel des consciences lancé par Nicolas Hulot et le coorganisateur du Sommet, invite à se questionner individuellement. Il sera envoyé à l’automne, aux 195 délégations étatiques participant à la conférence internationale sur le climat, du 30 novembre au 11 novembre 2015 à Paris.

Toutes les personnes qui se sentent concernées peuvent répondre à cette question en leur âme et conscience en s’exprimant sur le site : https://www.whydoicare.org/fr

 

Si nous voulons retrouver et donner du sens, il est temps de réagir !

 

(1) Tiré d’un article du site internet lemonde.fr : www.lemonde.fr/paris-climat-2015/article/07/22/la-crise-climatique-est-une-crise-de-sens_4693690_4527432.html

(2) Directeur international des affaires interreligieuses de l’A.J.C. (American jewish committee)

(3) Wildlife Fund (Fonds mondial pour la nature)

(4) Encyclique du pape François publiée le 18 juin 2015 sur  la protection de la nature, (Loué sois-tu).

(5) Écrivain franco-américaine, militante altermondialiste, présidente d’honneur d’ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), organisation altermondialiste créée en France en 1998 et présente dans 38 pays

(6) Why do I care (L’appel des consciences pour le climat)

Platon, dans la République (1), expliqua que pour agir avec sagesse, dans la vie privée ou dans la vie publique, il fallait avoir vu la nature du Bien, cause universelle de toute rectitude et de toute beauté. Depuis la Haute Antiquité, cette question se posait déjà.