Janvier 2013

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Les temps sont durs. Partageons le meilleur de nous-mêmes !

On aurait pu imaginer qu’après avoir survécu à la fin du monde annoncée pour le 21 décembre 2012, l’espoir et la confiance allaient renaître. Mais il n’en fut rien … On nous annonce déjà que l’année 2013 sera très difficile et très dure. Il est probable qu’il en soit ainsi, étant donné la négligence de la société et d’une bonne partie de ses dirigeants leur refus de réfléchir en prévention et leur propension à ne réagir qu’en urgence face aux évènements et aux situations.

 

Depuis des décennies, nous ne voulons pas regarder les vrais problèmes en face et nous attendons la dernière minute, en remettant au lendemain les solutions appropriées qui ne peuvent pas être partielles mais qui devraient être globales.

 

Ce qui allège le poids des difficultés est la confiance dans l’avenir. Au cours de mes multiples voyages dans le monde, j’ai rencontré des peuples qui vivent des situations beaucoup plus graves que les nôtres. Néanmoins, j’ai pu constater qu’ils gardent l’enthousiasme et une certaine joie de vivre. Simplement, parce qu’ils croient dans leur avenir et celui de leurs enfants. Ils ne rêvent peut être pas de devenir une grande puissance mondiale ou de posséder de nombreux gadgets, mais veulent simplement réussir leur vie en la partageant avec ceux qu’ils aiment.

 

L’histoire et la philosophie nous apprennent qu’il y a toujours eu des difficultés et des obstacles pour avancer et que ceci n’est pas une raison pour baisser les bras. La défaite des peuples, comme celle des individus est la défaite morale, celle de ne plus avoir le courage, de ne plus avoir la confiance, la persévérance, la constance et surtout la joie de vivre. Nous donnons trop d’importance à l’environnement matériel, comme si c’était de lui que dépendaient nos capacités de sursaut et d’épanouissement. Mais, en réalité, ce qui a toujours permis, à toutes les époques, aux humains de rebondir, furent leurs convictions intérieures et leurs qualités profondes.

 

Beaucoup de belles œuvres profondes d’art et de l’esprit furent réalisées dans de graves moments d’angoisse et de difficultés. Ce sont des individus capables du don de leur présence, de réaliser des actions avec générosité pour ce qui est juste, bon et authentique, qui nous ont permis, en tant qu’humanité d’accomplir des sursauts.

 

Pendant des décennies, Confucius fut obligé d’errer avec quelques disciples, balloté entre tous les royaumes qui se combattaient. Cela ne l’a pas altéré et ses meilleurs conseils sur la bonne gouvernance sont nés dans l’une des plus graves crises que la Chine ait connu. C’est en pleine crise, entre la démocratie et la tyrannie qu’est née l’Académie de Platon.

 

Ce fut un étrange moment que celui de la Renaissance à Florence au XVe siècle. Byzance venait de tomber, les frontières avec l’Asie étaient coupées, le dernier essai pour rapprocher les deux chrétientés avait échoué. Mais un nouvel élan d’humanisme naquit. Et un futur continent, l’Amérique, fut découvert.

 

Il n’est pas facile d’avoir le recul suffisant pour prédire aujourd’hui ce que toutes ces difficultés annoncent véritablement. Par contre, ce qui dépend de nous, pour rendre l’année 2013 meilleure, est de réfléchir aux intentions profondes qui se cachent derrière nos pensées et nos actions, afin de les orienter vers le meilleur de nous-mêmes pour partager ce qu’il y a de meilleur avec les autres.

 

Pour un heureux et meilleur 2013 !