Septembre 2014

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

N'ayons pas peur de la lumière !

 

Le 5 mai 2014 à 10 heures, a eu lieu une session solennelle à la chambre des Députés du Brésil, en hommage aux 30 ans de Nouvelle Acropole dans ce pays. Le député Mauro Benevides, organisateur de la session, a évoqué la présence de Nouvelle Acropole dans cinquante pays, faisant référence à son fondateur, le professeur Jorge Angel Livraga et a souligné l’action de Nouvelle Acropole dans les domaines de la philosophie, de la culture et du volontariat, avec une mention spéciale pour la promotion de la citoyenneté.

La table était composée de messieurs Izalci, président de la Fecomercio et ex-sénateur ; Adelmir Santana, pionnier de Brasilia et membre de l’Académie brésilienne de lettres ; Adirson Vasconcelos et le professeur Luis Carlos Marques da Fonseca, directeur de Nouvelle Acropole dans les États du Nord, Nord-Est et Centre-Ouest. Monsieur Izalci a fait l’éloge de l’action de Nouvelle Acropole dans le secteur fédéral, qui possède neuf écoles et réunit environ cinq cents membres, en plus d’offrir 1,7 millions de consultations médicales chaque année.

M. Adelmir Santana a souligné l’importance de la tâche des volontaires, si utile dans la société actuelle. À la fin de la réunion, M. Izalci a indiqué que le pays avait encore besoin de plus d’écoles de Nouvelle Acropole, compte-tenu de l’augmentation de la violence généralisée et des pressions sociales continues. Cette tâche de formation humaine a été soulignée par tous comme étant essentielle et toujours plus utile.

 

Cet été, j’ai visité un camp de jeunes volontaires qui ont proposé leur aide pour nettoyer les berges de l’Huisne (1). Quand les anciens du club de pêche et de canoë les ont vus enlever des souches et sortir des troncs de l’eau avec joie et enthousiasme, ils se sont émus et se sont dits : «C’est incroyable que des jeunes viennent faire chez nous, ce qu’auparavant nous faisions nous-mêmes. Et aujourd’hui, nous restons toujours dans l’attente de budgets et de l’aide des institutions». Avec cette prise de conscience, ils se sont joints au groupe de jeunes, apportant leur matériel et leur expérience, et ce fut une très belle rencontre d’anciens et de jeunes qui, se stimulant les uns les autres, réussirent à abattre un travail phénoménal.

Ce témoignage prouve qu’il existe beaucoup de forces en sommeil en France et que quand la jeunesse se met à l’œuvre sans calcul, elle ranime ses forces qui deviennent vivantes, permettant à la solidarité et à la joie d’agir. En fin de compte, il n’en faut pas beaucoup pour éveiller l’âme de la France !

 

Néanmoins nous avons vécu un drôle d’été. Dans le monde, les conflits se sont accélérés et les épidémies sont devenues de véritables fléaux. Dans l’Antiquité, la guerre était une affaire d’hommes et non de dieux. Les dieux des peuples vaincus, plutôt que d’être détruits, étaient amenés dans les temples des vainqueurs, ce qui était une façon de les mettre sous leur tutelle, tout en les préservant. Aujourd’hui, il existe de plus en plus de conflits auxquels, apparemment, Dieu est mêlé, je le pense, à son insu.

Au milieu de tous ces conflits, il est un événement qui m’a semblé symbolique de la non compréhension de la véritable dimension spirituelle du religieux : la destruction à la dynamite par l’État islamiste, de la mosquée qui abritait le tombeau du prophète biblique Jonas. Cette tombe, datant du VIIIe av J.-C., fut préservée jusqu’à nos jours par l’Islam lui-même, puisque Jonas fut l’un des rares prophètes à être cité dans la dixième sourate du Coran. Jonas acquit le discernement et la raison, après avoir été avalé au milieu de la mer par un poisson, une baleine aux dires de certains. Jonas représente l’homme qui plonge dans les profondeurs de son inconscient pour retrouver la sagesse et la lucidité. Il préfigurait déjà le Christ puisque le thème central du livre de Jonas était de pardonner, ouvrant ainsi une nouvelle ère après celle de la Justice et du châtiment. C’est donc le symbole du pardon et de la conciliation qui a été détruit au cœur du Moyen-Orient, à côté de l’ancienne ville de Ninive, appelée aujourd’hui Mossoul. Comme le dit ainsi Platon: «Nous pouvons facilement pardonner à un enfant qui a peur dans le noir ; la véritable tragédie de la vie est quand les hommes ont peur de la lumière.»

 

Je vous souhaite une excellente rentrée dans la clarté et le discernement.

 

(1) Rivière de l’Orne dans le Perche