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Octobre 2011

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Nos pensées influencent nos cellules

 

Jusqu’au 07 novembre 2011, le musée Guimet présente une exposition sur l’ouvrage le moins connu de Carl Gustav Jung : Le Livre rouge (1). On y découvre que les théories et explications du célèbre psychologue suisse sont nées d’un voyage intérieur dans lequel il a exploré ses propres profondeurs, le but étant pour lui de réussir sa propre individuation. Il a décrit ses visions en état d’éveil et de rêve qui l’ont mis en contact avec une dimension tout autre de la réalité matérielle quotidienne. En se confrontant à son propre inconscient, il a découvert comment mieux exprimer sa propre identité et son lien avec l’expérience collective de l’humanité. En ayant eu le courage de se confronter à lui-même et d’assumer sa propre descente aux enfers, il a émergé, se sentant renouvelé et a proposé une méthode pour se libérer des circonstances et de l’égo personnel, redécouvrant ainsi le Soi.

 

Si nous apprenons à transformer nos propres états intérieurs, sans aucun jugement, comme des alchimistes, nous pouvons réussir à nous transformer en profondeur. Des récentes découvertes en biologie démontrent par une autre voie, que nous avons la capacité de nous transformer et par là-même de changer notre propre biologie. Bruce Lipton (2), après une quarantaine d’années d’investigations et de recherches à l’université du Wisconsin puis à celle de Stanford, explique que notre corps peut se modifier si nous parvenons à rééduquer nos croyances et perceptions limitantes. Il insiste sur le fait que nous ne sommes pas victimes de notre génétique et qu’en réalité c’est l’ADN qui est contrôlé par l’environnement extérieur à la cellule. Selon l’environnement et la manière dont on y répond, un gène humain peut générer 30 000 réponses différentes !  Dans la vie quotidienne, nous apprenons à nous voir et à nous valoriser nous-mêmes pas comme nous sommes mais comme les autres nous voient ! En réalité, nous ne voyons pas le monde tel qu’il est mais tel que nous sommes.

 

Nos sentiments, pensées et croyances ont une influence capitale dans ce processus jusqu’au point de nous transformer en victimes ! Mais nous pouvons les changer. Nos croyances, nos sentiments se sont inscrits dans le plus profond de notre subconscient et un grand nombre de ces informations sont stockées dans notre enfance, qui pour nous représente notre référent. Si consciemment nous nous tournons vers le positif, si nous voulons changer d’emploi, de vie et que dans notre subconscient s’est installé l’idée que cela n’était pas possible, alors nous n’aurons aucune chance d’y parvenir et de changer quoi que ce soit ! D’où l’importance de mener à bien une introspection profonde pour transformer les perceptions qui s’y sont construites et de développer l’aptitude à changer notre réalité.

 

Nous devons réviser nos perceptions du bonheur, de la paix, de l’abondance et de l’évolution et avoir le courage de les remettre en question, si elles sont limitantes et négatives. L’imagination et la symbolisation nous aident à nous représenter les choses autrement et à envisager de nous projeter dans l’avenir sur de nouvelles bases. Nous devons choisir entre le besoin de croître, évoluer et celui de se protéger. Tous les processus de croissance réclament d’échanger librement des informations avec l’environnement, d’apprendre à supporter l’ambiguïté et les paradoxes, de développer un mental inclusif. Le processus de protection réclame au contraire la fermeture du système, ce qui inhibe la projection de l’énergie pour aller de l’avant dans la vie. La philosophie peut nous aider non seulement à organiser notre mental mais à changer notre regard sur nous-mêmes et le monde, à condition de s’accepter pour pouvoir rebondir. Encore une fois, la clé est le courage.

 

Je ne peux pas m’empêcher de citer Jean Jaurès, qui en plus de sa vocation politique fut un féru des philosophies et nous a laissé un texte exceptionnel : Discours à la jeunesse (3). «Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action […] Le courage c’est d’être tout ensemble, et, quelque soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.» Dans cette période de clair-obscur, il est temps de comprendre que c’est en s’assumant que nous pouvons aider à changer le monde. Et malgré les incertitudes de l’époque… restons positif !

 

(1) Paru en anglais aux éditions W. W. Norton et traduit en français sous la responsabilité de Christine Maillard et paru aux éditions Iconoclaste en septembre 2011

(2) Auteur de la Biologie des croyances, paru aux éditions Ariane

(3) Discours prononcé en 1903 au lycée d’Albi où il fut professeur