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Mars 2011

Éditorial par Fernand Schwarz, Président fondateur de Nouvelle Acropole en France

 

Un enseignement de l'Egypte ancienne toujours d'actualité

 

Une fois n’est pas coutume, l’Égypte des Pharaons est mentionnée en exemple par le sociologue Jean Viard pour mieux comprendre et trouver des solutions à la mondialisation (1). Les pharaons de l’ancienne Égypte ne se sont pas contentés de profiter de la crue du Nil pour semer et récolter. Ils ont aussi pris un soin particulier pour stocker et répartir les biens engendrés. Chaque année, un tiers des récoltes était stocké en prévision des disettes futures ou d’imprévus particuliers.

C’est ainsi qu’ils pensaient accomplir la Maât (2), le grand principe qui entretenait la cohésion du peuple égyptien. Représentée par une plume d’autruche, elle jugeait le cœur des hommes et garantissait par la loi de l’équilibre la justice et la solidarité.

«Pharaon savait que l’arme alimentaire était la première arme des guerres et que nourrir son peuple était le premier devoir du politique… Aujourd’hui encore, le déclencheur premier des révoltes arabes est la hausse des prix alimentaires dans des sociétés de maigres salaires, de chômage et dictatures militaires» écrit Jean Viard. Mais le problème posé par la hausse des coûts des matières premières, notamment alimentaires, ne concerne pas seulement ces parties du monde : il représente le plus grand défi de notre monde globalisé. Comme les pharaons d’Égypte il est urgent de réinvestir dans l’agriculture et dans la régulation des stocks. Il est surprenant que les grands experts mondiaux ne réalisent qu’aujourd’hui, grâce aux poussées de fièvre du peuple mécontent et affamé, que les données macro-économiques que fournissent les pays ne sont pas suffisantes comme indicateur pour savoir si l’économie d’un pays assure le bonheur de son peuple.

 

L’alarme que tirent les peuples en révolte, oblige nos grands experts à prendre conscience que la redistribution est aussi importante que la production et que les moyens per capita (3) ne peuvent pas nous renseigner sur la réalité.

 

L’indignation, tant à la mode aujourd’hui, ne suffira pas à accomplir la Maât que réclament les peuples de la Terre. L’émotion ne doit pas paralyser notre action, la vie des hommes n’est pas une marchandise. Des peuples sont aujourd’hui en train de démontrer que l’impensable est pensable. Pourquoi ne pas penser en Occident que nous pouvons apprendre à agir autrement ? Pourquoi ne pas récupérer l’espoir dans nos propres idéaux et les affirmer dans des actions citoyennes qui nous permettent de construire notre avenir en solidarité avec le leur ?

 

Vivre en philosophie est un bon moyen de commencer. La philosophie cherche à affûter notre lucidité et à enseigner à affronter la complexité, et comme le disait Nietzsche «à nuire à la bêtise». Mais pour qu’elle soit efficace, les Anciens nous ont appris qu’il faut l’appliquer au domaine de l’action ; pour réussir ces actions que nous croyons impossibles ils nous conseillent d’apprendre à nous former le caractère et d’agir en conscience. Plus qu’à l’indignation, les temps sont maintenant à l’action, surtout celle qui nous permettra d’anticiper plutôt que d’arriver à constater toujours que nous sommes en retard sur les évènements.

 

(1) Le Journal du Dimanche, L’autre leçon d’Egypte, 13 février 2011

(2) Maât, Egypte miroir du ciel, Fernand SCHWARZ, Editions des 3 Monts, 2009

(3) Par tête ou par habitant