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Descartes (1596 - 1650) et Pascal (1623-1662)

par Brigitte Boudon, enseignante en philosophie, fondatrice des Jeudis Philo à Marseille, auteur des ouvrages : Les voies de l'immortalité dans la Grèce antique, Symbolique de la Provence, Symbolisme de l’arbre, Symbolisme de la croix.


Au 17ème siècle, les textes de la philosophie antique (dont Montaigne au 16ème siècle s'était déjà fait l'écho) ont été remis au goût du jour par la Renaissance. D'autre part, la philosophie retrouve son indépendance face à la théologie. Descartes est considéré comme le père de la philosophie moderne ; il veut refonder le savoir humain sur de nouvelles bases, différentes de celles d'Aristote. On oppose souvent Descartes et Pascal de manière radicale : le rationalisme d'un côté, le cœur et la foi de l'autre. En d'autres termes, le cogito de Descartes face à ll'amour de Dieu chez Pascal.

 

En fait, ces deux grands philosophe et moraliste ont plus de points en commun qu'on ne le pense généralement et leurs oppositions plus nuancées. Les deux ont fait l'objet d'interprétations très restrictives et de polémiques qui ont déformé leur message.

 

. Descartes a ouvert plusieurs voies, plusieurs cartésianismes possibles, et c'est la voie du cogito que la France a privilégiée. On a accordé plus d'importance à son Discours de la méthode qu'à ses Méditations métaphysiques. Le philosophe contemporain Deleuze écrit  dans Qu'est-ce que la philosophie ? : "Les Français sont comme des propriétaires terriens dont la rente est le cogito."

 

D'où ce cartésianisme français synonyme de rationalisme exclusif, niant l'irrationnel et tout mode de connaissance autre que la raison (alors que Descartes intègre l'intuition comme un moteur fondamental de la connaissance) ; et le doute critique érigé en méthode suprême. Descartes aura pourtant indiqué bien d'autres directions.

 

. Pascal, quant à lui, a été pris dans des polémiques religieuses qui font rage au 17ème et aux deux siècles suivants, victime de son combat auprès des Jansénistes, contre les Jésuites. On en a souvent fait un personnage de tragédie, austère, défendant la morale janséniste contre celle des jésuites. Il a bien sûr cotôyé les jansénistes (une de ses sœurs l'était) et a tenté de les aider à un certain moment, mais il s'en est séparé, en désaccord avec leurs méthodes, et a développé une pensée tout à fait indépendante. Pensée libre, avec beaucoup d'humour, de bonté, et d'esprit concret.

CE QUI RELIE DESCARTES ET PASCAL

 

I - UNE EXPERIENCE MYSTIQUE

Descartes la vivra à l'âge de 23 ans

Pascal à l'âge de 31 ans (il meurt à 39 ans) et sera le tournant de sa vie

 

. En 1614, Descartes quitte La Flèche pour Poitiers, puis en 1618, il se rend en Hollande, puis au Danemark, en Allemagne où il s’engage dans les troupes du duc Maximilien de Bavière.

Le 10 novembre 1619, il se trouve dans les environs d’Ulm, il connaît une nuit d’enthousiasme où, après avoir découvert les « fondements d’une science admirable », il fait trois rêves étranges et exaltants, qui l'éclairent sur sa vocation.

 

Adrien Baillet, le premier biographe de Descartes, en a fait le récit, dont voici le début :

« La recherche qu'il voulut faire de ces moyens, jeta son esprit dans de violentes agitations, qui augmentèrent de plus en plus, sans que la promenade ni les compagnies y fissent diversion. Il le fatigua de telle sorte que le feu lui prît au cerveau, et qu'il tomba dans une espèce d'enthousiasme, qui disposa de telle manière son esprit déjà abattu, qu'il le mit en état de recevoir les impressions des songes et des visions.

Il nous apprend que le dix novembre mille six cent dix-neuf, s'étant couché tout rempli de son enthousiasme, et tout occupé de la pensée d'avoir trouvé ce jour-là les fondements de la science admirable, il eut trois songes consécutifs en une seule nuit, qu'il s'imagina ne pouvoir être venus que d'en haut. »

Vent, fantômes, église, tonnerre, livre, alliance de la poésie et de la sagesse…..

 

Il raconte alors comment Descartes s'enferme dans son poêle ( chambre chauffée) et conçoit sa méthode. La légende raconte que, alité, il regarde le plafond au plâtre fissuré et imagine un système de coordonnées, permettant de décrire lignes, courbes et figures géométriques par des couples de nombres arithmétiques, dont il ne reste qu'à analyser les propriétés.

En tout cas, ce 10 novembre enflammé a troublé plus d'un admirateur, à commencer par Leibniz, qui n'a pas jugé ces lignes dignes d'être recopiées, « gêné peut-être de trouver à l'origine d'une recherche rationnelle un épisode aussi irrationnel ».

 

. PASCAL : C’est en 1646, à Rouen, que Pascal rencontre la doctrine de Saint Augustin, grâce à deux médecins venus soigner son père et qui lui font lire des ouvrages de Jansénius. Jansénius, théologien hollandais, expose dans l’Augustinus les doctrines de Saint Augustin sur la grâce, le libre arbitre et la prédestination. Il y affirme que depuis le péché originel, la volonté de l'homme sans le secours divin n'est capable que du mal. Seule la grâce efficace peut lui faire préférer la délectation céleste à la délectation terrestre, c'est-à-dire les volontés divines plutôt que les satisfactions humaines. Cette grâce est irrésistible, mais n'est pas accordée à tous les hommes. Jansen rejoint ici la théorie de la prédestination de Jean Calvin.

 

Ses contacts avec l’abbaye janséniste de Port-Royal deviennent fréquents mais c’est seulement dans la nuit du 23 novembre 1654, suite à un accident de carrosse, qu’il connaît une forte expérience mystique, de « Dieu sensible au cœur » dont il garde le souvenir dans le Mémorial cousu dans la doublure de son vêtement.

 

Son expérience mystique engendre un renouvellement profond de l’âme, entièrement tournée vers le Dieu de Jésus-Christ. Pascal va alors prendre parti dans la querelle opposant Jésuites et Jansénistes, sans être pour autant janséniste lui-même. Les jansénistes s'opposent aux Jésuites qui ont une vision moins pessimiste de l'homme et lui attribuent davantage de libre arbitre.

 

C'est alors qu'il rédige, sous le pseudonyme de Louis de Montalte, le brûlot satirique Les Provinciales, dans les années 1656 et 1657. Où il se moque des jésuites et du jargon théologique. Ce livre va inspirer Molière, Montesquieu et Voltaire qui dira que "c'est le meilleur livre qui ait jamais paru en France".

 

II - UNE FORMATION HUMANISTE PROCHE

 

Les maîtres et filiations de Descartes :

. les philosophes stoïciens et épicuriens,

. la scolastique médiévale (Saint Thomas), qu'il critique mais dont il utilise le vocabulaire,

. Montaigne, dont le doute sceptique le fait beaucoup réfléchir, qu'il remplace par le doute méthodique, comme outil de réflexion, et non comme un mode de vie,

. les mathématiques et la science : il s'inspire de la rigueur des mathématiques et de la géométrie pour élaborer sa méthode de pensée, qui vise à poser les bases d'une connaissance certaine en philosophie.

 

Les maîtres et filiations de Pascal :

. Epictète, le philosophe stoïcien romain,

. La Bible, dont il s'inspire jusque dans le style,

. saint Augustin, dont il s'est déclaré le disciple

. Montaigne, qu'il connaît très bien et apprécie, mais dont il se sert pour montrer les limites du scepticisme.

 

 

III - DEUX GENIES SCIENTIFIQUES

 

DESCARTES : une méthode scientifique

 

Le Discours de la méthode, dont le titre complet est Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, est la préface de trois traités scientifiques. Il a fait des découvertes fondamentales en mathématiques (géométrie analytique, coordonnées cartésiennes), en physique (lois de réfraction en optique), en physiologie (il pratiquait le dissection). Il s'intéresse aussi à l'astronomie, et lorsque Galilée est condamné par l'Eglise, il est prudent et évite de publier un ouvrage dans lequel il défendait la position de Galilée.

 

L’originalité profonde de Descartes consiste en ce qu’il définit l’unité des sciences en fonction du seul esprit qui les produit : l’unité n’est plus dans l’objet connu, mais dans le sujet de la connaissance. C’est un renversement par rapport à la scolastique aristotélicienne où la science reçoit sa substance de son objet.

 

Le programme du jeune Descartes se résume en deux formules : « inventer par moi-même » et découvrir les « règles certaines » pour y parvenir. Faire éclore des vérités par la raison.

 

« Je me plaisais surtout aux mathématiques, à cause de la certitude et de l’évidence de leurs raisons ; mais je ne remarquais point encore leur vrai usage, et, pensant qu’elles  ne servaient qu’aux arts mécaniques, je m’étonnais de ce que, leurs fondements étant si fermes et si solides, on n’avait rien bâti dessus de plus relevé. »

 

Le premier effort philosophique de Descartes est d’étendre la certitude des mathématiques, attachée à un objet spécifique (les nombres et les figures), à l’ensemble des sciences, et en particulier à la physique.

La mathématique a droit à la dignité de modèle exemplaire.

 

Les principales lignes de sa méthode sont exposées dans le Discours de la méthode :

 

. rejeter tous les préjugés et ne reconnaître pour vrai que ce qui se laisse connaître comme clair et distinct ; c'est la règle de l'évidence.

. découper les problèmes en autant de parties que possible ; c'est la règle de l'analyse.

. avancer de l’objet le plus simple par étapes vers le plus compliqué ; reconstituer l'ensemble à partir des éléments ; c'est la règle de la synthèse.

. revoir l’ensemble du système au moyen de l’énumération. S'assurer que la question a été traitée de manière exhaustive.

On doit déduire à partir d’une telle connaissance les principes déductibles, source d'une certitude absolue.

 

PASCAL : un esprit scientifique concret

 

Il réside à Rouen de 1640 à 1647. Il y poursuit une intense activité scientifique. En mathématiques, recherches sur les courbes coniques (ellipse, parabole, hyperbole), sur les nombres qu’il applique à la géométrie. En physique, sur l’existence du vide, dans la lignée de Torricelli, démontrée, entre autres, à travers une célèbre expérience au Puy de Dôme, qui renverse le « dogme » aristotélicien selon lequel la nature a horreur du vide.

 

A seize ans, il invente la machine arithmétique ou machine à calculer appelée la Pascaline, capable de faire un ensemble complet de calculs mathématiques, calcul abstrait, calcul financier. Il l'invente pour aider son père dans son travail.

 

Il étudie la divisibilité des nombres, les nombres infinis, la mécanique des fluides etc…..  Leibniz se servira de ses travaux sur les nombres infinis. Il se passionne pour les jeux de hasard, ce qui le conduit à inventer, avec Fermat, le calcul des probabilités. Il avait une grande aptitude à saisir les problèmes dans leur aspect concret. Ce qui fait de lui un précurseur de l’esprit expérimental moderne.

 

Vers la fin de sa vie, il crée une entreprise de carrosses à cinq sols, première forme des transports collectifs urbains, ancêtres de l'omnibus, qui comporte un réseau de lignes à travers Paris, avec stations et changements. Il n'en tirera aucun bénéfice. Prouve un esprit pragmatique. En l’honneur de ses contributions scientifiques, le nom de pascal a été donné à l’unité de pression du système international, à un langage de programmation informatique, à la loi de Pascal (un principe important d'hydrostatique) et au triangle de Pascal.

 

Il semble que Descartes ait été quelque peu jaloux de la précocité scientifique de Pascal….. Bien que génie scientifique, Pascal n’attache qu’une valeur relative à la science, car elle ne peut apporter que des connaissances partielles. Elle peut nous apprendre à bien penser (esprit de géométrie) et ses découvertes peuvent contribuer à soulager la souffrance mais elle relève du divertissement lorsqu’elle est une fin en soi.

 

 

CE QUI SEPARE DESCARTES ET PASCAL


I - LA VISION DE DIEU

 

Descartes :

Il donne deux preuves de l’existence de Dieu : d’une part, l’idée de la perfection que l'homme a ne peut pas venir de lui qui est un être imparfait. Sa cause ne peut être qu’un être parfait, c’est-à-dire Dieu. D’autre part, l’existence est nécessairement incluse dans l’idée de perfection, donc Dieu, qui est parfait, existe (preuve ontologique).

 

Par ailleurs, Dieu est le créateur de l’univers et l’origine et le garant des vérités éternelles, des idées innées (comme l’idée de moi-même et celle même de Dieu) en l’homme et de l’évidence. Parfait et souverainement bon, il ne peut vouloir nous tromper.

 

Pascal :

La raison ne peut prouver ni l’existence ni l’inexistence de Dieu. Car Dieu respecte la liberté de l’homme.

« Toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. » (Lettre à Melle de Roannez sur le Dieu caché).

Il ne se révèle qu’à qui il veut, la première condition à cela étant d’échapper à l’amour-propre et aux concupiscences.

 

Pour Pascal, Dieu n’est pas un principe abstrait (déisme) mais le Dieu vivant de la révélation biblique, que nous ne pouvons connaître que par Jésus-Christ, médiateur indispensable pour franchir le gouffre qui sépare Dieu de l’homme. C’est par la foi, don de Dieu, que nous pouvons accéder à Lui.

 

Pascal travailla toutes ses dernières années à une apologie de la religion chrétienne qui ne fut jamais terminée. Un de ses éléments les plus célèbres est celui du pari : le choix entre l’existence ou l’inexistence de Dieu, étant inévitable, l’analyse de tous les avantages que l’on gagne à son existence est une motivation à parier pour, et à faire comme si, ce qui permettra ensuite de rencontrer la foi. Faire comme si est un moyen d’ôter les obstacles que constituent les habitudes et plus généralement la « machine », partie de l’être humain qui relève de l’animal et qui a besoin de dressage.

 


II - LA VISION DE LA RAISON

 

Descartes :

La raison cartésienne  est définie comme le bon sens –au sens fort– c’est-à-dire la faculté de penser clairement et distinctement. Elle est source d’unité et rassemble alors que l’irrationnel divise. Comme la lumière éclaire tous les objets sans rien perdre de son unité, la raison éclaire tout ce qu’elle peut étudier sans rien perdre de sa cohérence et elle rassemble les hommes capables de l’exercer ensemble et d’arriver grâce à elle à une certitude partagée.

 

Trois notions dominent  : l’intuition, la déduction et l’ordre.

L’intuition, base et fondement de la connaissance, présente chaque terme et permet de l’apercevoir. La déduction permet de passer d’un terme à l’autre, en apercevant, par intuition, leur rapport. La relation qui fonde le raisonnement est un rapport d’ordre qui permet de fixer la place de ces concepts dans l’ordre. Fait appel à la mémoire.

 

L’intuition intellectuelle ne s'oppose pas à la raison mais en fait partie.

 

Pascal :

 

Les limites de la raison : Pascal s’intéresse à la philosophie (scepticisme) pour démontrer les limites de la raison.

 

Le scepticisme ou pyrrhonisme (de Pyrrhon, philosophe grec, du IVe et IIIe siècles av. J.-C.), ou philosophie du doute, selon laquelle l’homme est incapable d’atteindre la vérité, conduit au désespoir mais a pour mérite de pouvoir guérir de la naïveté du rationalisme qui pense que la raison a réponse à tout. Reproche qu’il fait à Descartes.

Pour lui,  la raison qui a toute sa place dans les sciences exactes doit céder le pas à la foi en matière religieuse et, une fois celle-ci acquise, retrouver un rôle pour l’appuyer.

 

La raison ne peut démontrer les principes premiers évidents pour le bon sens et l’intuition, ni les axiomes (indémontrables mais universellement reconnus, par ex. il y a 3 dimensions dans l’espace)  qui servent de base à ses propres démonstrations, ni les postulats, (hypothèse de base d’une théorie qu’il convient ensuite de démontrer).

 

« La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent… Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ?» (220).

 

Comme moyen de connaissance, Pascal oppose à la raison le cœur. Siège de connaissances intuitives, immédiates et non démontrables, mais fondamentales, dans le domaine de la connaissance, de la conduite de la vie (flair, intuitions de toutes sortes), et de l’appréhension de sa destinée, de la conscience morale et de nos motivations profondes.

 

Il est la faculté fondamentale, le centre même de notre être véritable. « C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison : voilà ce que c’est que la foi.» (680)

 

En résumé, Pascal s’oppose à son contemporain Descartes à un double titre :

. Il lui reproche d’une part d’être victime de la libido sciendi, curiosité ou avidité intellectuelle ; pour lui, ce n'est que du divertissement.

. d’autre part, de vouloir égaler l’homme à Dieu, en voulant établir une science universelle et certaine. Se considérer comme maître et possesseur de la nature.

 

Ces reproches se situent dans le cadre de la problématique sur la raison, thème prééminent de la philosophie du XVIIe.

 


III - LA VISION DE L'HOMME


Descartes :

 

L’homme est un être double composé de deux substances, la pensée et l’étendue (essence de la matière), totalement distinctes l’une de l’autre, mais totalement interactives.

Il est doté de qualités précises :

de volonté : infinie, c’est elle qui me fait à l’image de Dieu. Sa nature est d’affirmer ou de nier, de poursuivre ou de fuir sans contrainte. La véritable liberté est un choix éclairé par la connaissance du vrai.

d’entendement : l’intuition intellectuelle, mode de connaissance rationnel, reposant sur l’évidence, est la source de certitude et mode par excellence de connaissance vraie, aidée par la déduction, qui fait appel à la succession et à la mémoire.

d’imagination : cette dernière inférieure à l’entendement qui peut concevoir ce qu’elle ne peut se représenter, par exemple un polygone à mille côtés.

Le corps, comme les animaux qui ne sont pas doués de pensée, est une machine qui répond aux lois de la mécanique.

En ce qui concerne la morale qui est « le dernier degré de la sagesse, la vertu principale pour Descartes est la générosité, « qui fait qu’un homme s’estime au plus haut point qu’il se peut légitiment estimer », et qui est le sentiment de disposer librement de sa volonté et de la résolution de bien en user.

 

Pascal :

L’homme : un être contradictoire entre misère et grandeur

L’homme est un être intermédiaire, « un milieu entre rien et tout » (72) perdu dans l’univers entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, dont il ne peut connaître qu’une infime partie.

 

C’est un être fragile, qu’un rien suffit à écraser mais aussi un être dont la pensée fait sa grandeur : « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant… Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui ; l’univers n’en sait rien. » (347)

 

C’est aussi un être déchu (péché originel) et misérable qui, créé « saint, innocent, parfait » (430), a rejeté l’amour de Dieu au profit du seul amour de soi, « resté seul dans cette grande âme capable d’un amour infini » (Lettre sur la mort de son père). La loi naturelle est gravée dans son cœur mais presque effacée par la corruption.

 

Toutes ses misères « sont misères de grand seigneur, misère d’un roi dépossédé. » (398)

 


 

Leurs citations restées célèbres

 

Descartes :

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée »

« Je pense, donc je suis. »

 

Pascal :

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Pensée 277/680)

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » (Pensée 347)

« L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. » (Pensée 358)

« Le moi est haïssable. »  (Pensée 494)

« Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà. » (Pensée 294)

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » (Pensée 233).