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La symbolique de la Caverne de Platon

 

par Philippe GUITTON, enseignant en philosophie, fondateur de la Maison de la Philosophie à Marseille, co-auteur de Les voies de l’immortalité dans la Grèce antique.


 

Il existe des textes, des pensées, des idées qui captent l’universel et qui, par conséquent, nous touchent profondément. Le mythe de la Caverne de Platon, un des textes les plus connus du philosophe, en fait partie.

Situé dans La République, Livre VII, le mythe de la Caverne donne une représentation imagée de l’état de la nature humaine relative à la connaissance. Il fonde et donne une orientation à la vie humaine. Le génie de Platon consiste à y conduire le mystère aux portes mêmes de la raison. Si nous voulons sortir de l’état d’ignorance, nous devons prendre conscience de notre position d’intermédiaire. Nous sommes «…comme un homme qui habitant à moitié du fin fond de la mer, se figurerait habiter la surface de l’océan, et, apercevant à travers l’eau le soleil et les autres astres, prendrait la mer pour le ciel» (1).

 

Le mouvement de l'âme, entre deux mondes opposés

 

Nous sommes alors soumis à la peur de la remise en cause de nos opinions, de nos croyances, de nos illusions. Platon met ici en évidence la mort causée par l’acceptation de notre ignorance. Pour sortir de l’ignorance, il est nécessaire de changer ses habitudes et ses certitudes confortables. Il faut mourir et renaître. Mourir à une certaine réalité pour renaître à une autre. S’initier au passage de l’un vers le multiple ou du multiple vers l’unité. Le mouvement de descente de l’âme dans la matière et celui de son mouvement ascensionnel vers son origine sont ancrés dans l’imagination et dans le vécu des contemporains de Platon. C’est dans ce double mouvement que se concilient les oppositions entre l’invisible et le visible, entre l’âme immortelle et son existence terrestre. L’âme immortelle et le corps physique sont reliés grâce au mouvement. Quel outil possède l’âme pour relier les contraires ? Un de ses outils est l’analogie. Platon utilise l’image d’une ligne divisée en deux segments inégaux pour développer une analogie entre le monde sensible, accessible aux sens et le monde intelligible, accessible à la pensée. C’est lorsqu’elle monte et descend selon cette ligne que la pensée peut intégrer les oppositions sans les nier. C’est dans le mythe de la Caverne que Platon met en scène et donne vie à cette image de la Ligne.

 

La caverne, lieu symbolique de naissance

 

La grotte ou caverne est le lieu de passage entre l’invisible et le visible, entre ce qui est atemporel et ce qui rentre inexorablement dans le temps chronologique ou historique. L’enceinte est une protection, un rempart, une délimitation entre un espace intérieur et un espace extérieur ; mais c’est aussi un passage, une porte, une initiation vers la lumière du jour. Le mythe de la Caverne est donc l’histoire de nos origines. Naître à la conscience de son âme immortelle est une initiation, un passage qui nécessite un retournement. L’essentiel n’est pas dans ce que nous savons mais dans notre capacité à vaincre la peur de l’ignorance, la déstabilisation qu’accompagne toujours la mort d’une opinion ou d’une croyance, pour acquérir une autre vision de soi-même et du monde. Le cheminement complet, dans et hors de la caverne, est un aller-retour permanent, un mouvement continuel entre le monde des causes, de l’essence, de l’être et le monde concret où il est possible d’appliquer la connaissance acquise dans le monde des causes. L’objectif est d’éclairer sa vie et celle des autres à la lumière de cette connaissance, d’agir sagement et de faire le bien. La descente de l’âme immortelle dans le monde concret l’a rendue prisonnière au fond de la caverne, sans avoir aucun souvenir conscient de son origine divine, de sa véritable nature. La naissance à un nouvel état passe par quatre étapes.

 

1 - La première étape, le constat

 

Socrate parle ainsi à Glaucon (2) :

Socrate : «Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête ; leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux ; et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens ; c’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles.»

Glaucon : «Je vois.»

Socrate : «Vois aussi, le long de ce muret, des hommes qui portent des objets fabriqués de toute sorte qui dépassent du muret, des statues d’hommes et d’autres êtres vivants, façonnés en pierre, en bois, et en toutes matières ; parmi ces porteurs, comme il est normal, les uns parlent et les autres se taisent.»

Glaucon : «C’est une image étrange que tu décris là et d’étranges prisonniers.»

Socrate : «Semblables à nous. Pour commencer, en effet, crois-tu que de tels hommes auraient pu voir quoi que ce soit d’autre, d’eux-mêmes et les uns des autres, que les ombres qui, sous l’effet du feu, se projettent sur la paroi de la grotte en face d’eux ? Comment auraient-ils fait, dit-il, puisqu’ils ont été contraints, tout au long de leur vie, de garder la tête immobile ? Et en ce qui concerne les objets transportés, n’est-ce pas la même chose ?»

Glaucon : «Bien sûr que si.»

Socrate : «Alors, s’ils étaient à même de parler les uns avec les autres, ne crois-tu pas qu’ils considéreraient ce qu’ils verraient comme ce qui est réellement ?»

Glaucon : «Si, nécessairement.»

Socrate : «Et que se passerait-il si la prison comportait aussi un écho venant de la paroi d’en face ? Chaque fois que l’un de ceux qui passent émettrait un son, crois-tu qu’ils penseraient que ce qui l’émet est autre chose que l’ombre qui passe ?»

Glaucon : «Non, par Zeus, je ne le crois pas !»

Socrate : «Dès lors, de tels hommes considéreraient que le vrai n’est absolument rien d’autre que l’ensemble des ombres des objets fabriqués.»

Glaucon : «Très nécessairement.» (3)

La première prise de conscience est celle de notre condition. Le «connais-toi toi-même» commence par la constatation de notre état de prisonnier et le refus de rester dans cette situation. Reconnaître cette condition d’ignorant, de prisonnier de nos opinions est indispensable pour faire naître l’amour d’une sagesse à conquérir.

La caverne de Platon possède un fond. Ce n’est pas un tunnel ni une grotte qui s’enfoncerait sans limite dans la terre. La caverne possède des parois qui la ferment et permettent l’écho. De même, toute évolution nécessite un point de départ. Pour ne pas rejeter émotionnellement le constat d’impuissance, il faut l’amour, une quête puissante de ce que nous voulons être, de la liberté à venir.

La description de Platon du fond de la caverne, des lourdes chaînes qui entravent les membres et les articulations des prisonniers, a pour but de déclencher notre prise de conscience d’un manque. Ce n’est donc pas une connaissance qui déclenche l’évolution mais un constat d’impuissance face à une nécessité impérieuse de mouvement et de liberté de mouvement.

 

2 - La deuxième étape, le combat

 

Socrate : «Examine alors, ce qui se passerait si on les détachait de leurs liens et si on les guérissait de leur égarement, au cas où de façon naturelle les choses se passeraient à peu près comme suit. Chaque fois que l’un d’eux serait détaché, et serait contraint de se lever immédiatement, de retourner la tête, de marcher, et de regarder la lumière, à chacun de ces gestes il souffrirait, et l’éblouissement le rendrait incapable de distinguer les choses dont tout à l’heure il voyait les ombres ; que crois-tu qu’il répondrait, si on lui disait que tout à l’heure il ne voyait que des sottises, tandis qu’à présent qu’il se trouve un peu plus près de ce qui est réellement, et qu’il est tourné vers ce qui est plus réel, il voit plus correctement ? Surtout si, en lui montrant chacune des choses qui passent, on lui demandait ce qu’elle est, en le contraignant à répondre ? Ne crois-tu pas qu’il serait perdu, et qu’il considérerait que ce qu’il voyait tout à l’heure était plus vrai que ce qu’on lui montre à présent ?»

Glaucon : «Bien plus vrai».

Socrate : «Et de plus, si on le contraignait aussi à tourner les yeux vers la lumière elle-même, n’aurait-il pas mal aux yeux, et ne la fuirait-il pas pour se retourner vers les choses qu’il est capable de distinguer, en considérant ces dernières comme réellement plus nettes que celles qu’on lui montre ?»

Glaucon : «Si, c’est cela.»

Socrate : «Et si on l’arrachait de là par la force, en le faisant monter par la pente rocailleuse et raide, et si on ne le lâchait pas avant de l’avoir tiré dehors jusqu’à la lumière du soleil, n’en souffrirait-il pas, et ne s’indignerait-il pas d’être traîné de la sorte ? Et lorsqu’il arriverait à la lumière, les yeux inondés de l’éclat du jour, serait-il capable de voir ne fût-ce qu’une seule des choses qu’à présent on lui dirait être vraies ?»

Glaucon : «Non, il ne le serait pas, en tout cas pas tout de suite.» (4)

Le premier combat débute. Pouvons-nous accepter la mort de nos illusions ? Cette seconde étape est celle de la perte de repères, de la perte du connu qui nous rassurait dans le fond de la caverne. Nous sommes éblouis par la lumière. C’est le temps de l’épreuve. Seul l’intérieur de nous-mêmes, notre propre conscience, peut fournir les armes pour sortir victorieux du combat. Si la peur nous domine, le besoin de retourner en arrière et de revenir à l’état antérieur sera le plus puissant. Pour ne pas fuir, il nous faut reconnaître, accepter l’épreuve comme un passage, une naissance nécessaire à une plus grande liberté.

Au-delà du plaisir ou de la souffrance, la confrontation doit être vécue comme une libération, une ouverture à une réalité plus claire et plus vraie.

Il faut aller vers le mystère, vers ce que nous ne maîtrisons pas encore ni ne pouvons contrôler. Si notre identité est fondée sur nos pseudo-certitudes ou sur notre besoin d’avoir raison, le calcul nous fait revenir en arrière ou nous empêche de nous aventurer sur ces terres inconnues. Lors de ce passage, il faut assumer notre vulnérabilité. C’est le moment de convoquer son âme immortelle pour que, de prisonnière, elle devienne notre guide.

 

3 - La troisième étape, l'échelle de vérité

 

Socrate : «Oui, je crois qu’il aurait besoin d’accoutumance pour voir les choses de là-haut. Pour commencer ce seraient les ombres qu’il distinguerait plus facilement, et après cela, sur les eaux, les images des  hommes et celles des autres réalités qui s’y reflètent, et plus tard encore ces réalités elles-mêmes. À la suite de quoi il serait capable de contempler plus facilement, de nuit, les objets qui sont dans le ciel, et le ciel lui-même, en tournant les yeux vers la lumière des astres et de la lune, que de regarder, de jour, le soleil et la lumière du soleil.»

Glaucon : «Forcément.»

Socrate : «Alors je crois que c’est seulement pour finir qu’il se montrerait capable de distinguer le soleil, non pas ses apparitions sur les eaux ou en un lieu qui n’est pas le sien, mais lui-même en lui-même, dans la région qui lui est propre, et de le contempler tel qu’il est.»

Glaucon : «Nécessairement.»

Socrate : «Et après cela, dès lors, il conclurait, grâce à un raisonnement au sujet du soleil, que c’est lui qui procure les saisons et les années, et qui régit tout ce qui est dans le lieu du visible, et qui aussi, d’une certaine façon, est cause de tout ce qu’ils voyaient là-bas.»

Glaucon : «Il est clair, que c’est à cela qu’il en viendrait ensuite.»

Socrate : «Mais dis-moi : ne crois-tu pas que, se souvenant de sa première résidence, et de la "sagesse"de là-bas, et de ses codétenus d’alors, il s’estimerait heureux du changement, tandis qu’eux il les plaindrait ?»

Glaucon : «Si, certainement.»

Socrate : «Les honneurs et les louanges qu’ils pouvaient alors recevoir les uns des autres, et les privilèges réservés à celui qui distinguait de la façon la plus aiguë les choses qui passaient, et se rappelait le mieux lesquelles passaient habituellement avant les autres, lesquelles après, et lesquelles ensemble, et qui sur cette base devinait de la façon la plus efficace laquelle allait venir, te semble-t-il qu’il aurait du désir pour ces avantages-là, et qu’il jalouserait ceux qui, chez ces gens-là, sont honorés et exercent le pouvoir ? Ou bien qu’il préférerait de loin, […] subir tout au monde plutôt que se fonder ainsi sur les apparences, et vivre de cette façon-là ?»

Glaucon : «Je le crois pour ma part, dit-il : il accepterait de tout subir, plutôt que de vivre de cette façon-là». (5)

Au cours de l’ascension, il est nécessaire de passer par des étapes d’accoutumance ; nos yeux s’habituent peu à peu à la lumière. Tel un plongeur ou un alpiniste qui progresse par paliers, le candidat à la sagesse passe par des vérités successives, reflets du soleil inaccessible, qu’il est impossible de regarder en face, sous peine d’aveuglement. Il y a une échelle de vérité, une ligne qui relie l’être au paraître, l’ombre de l’ombre à l’origine de la lumière. Le philosophe est l’amoureux en marche vers la sagesse mais il ne la possède jamais entièrement. Le sens de sa vie est dans le mouvement qui empêche la rupture entre la cause et ses effets. La vérité ne se possède pas comme un bien matériel, de même que le sommet d’une montagne n’est jamais possédé par le grimpeur. Seul, le nouveau point de vue appartient à sa conscience.

 

4 - La quatrième étape, l'éducation

 

Socrate : «L’éducation dès lors, dis-je, serait l’art de retourner cet organe lui-même, l’art qui sait de quelle façon le faire changer d’orientation le plus aisément et le plus efficacement possible, non pas l’art de produire en lui la puissance de voir, puisqu’il la possède déjà, sans être correctement orienté ni regarder là où il faudrait mais l’art de trouver le moyen de le réorienter.»

Glaucon : «Oui, apparemment.»

Socrate : «Dès lors les autres vertus, que l’on appelle vertus de l’âme, risquent bien d’être assez proches de celles du corps car elles n’y sont pas préalablement présentes en réalité, et on les y crée plus tard par des habitudes et des exercices – tandis qu’apparemment la vertu de penser se trouve très certainement appartenir à quelque chose de plus divin, qui ne perd jamais sa puissance, mais qui, en fonction du retournement qu’il subit, devient utile et avantageux ou au contraire inutile et nuisible. N’as-tu jamais réfléchi, à propos de ceux dont on dit qu’ils sont des méchants, mais qu’ils savent y faire, combien leur âme mesquine sait regarder de façon perçante et distinguer avec acuité les choses vers lesquelles elle s’est tournée, car elle n’a pas la vue faible, mais est contrainte de servir la méchanceté, si bien que plus elle regarde avec acuité, plus elle fait de mal ?»

Glaucon : «Oui, exactement.»

Socrate : «Cependant, cette âme mesquine, avec la nature qu’elle a, si en taillant en elle dès l’enfance on la débarrassait de ce qui l’apparente au devenir, comme on enlèverait des charges de plomb qui, venues se coller à sa nature à force de victuailles, de plaisirs, et de convoitises de ce genre, tournent la vue de l’âme vers le bas ; si elle en était débarrassée, et qu’elle se retournait vers ce qui est vrai, ce même organe, chez les mêmes hommes, verrait aussi cela avec la plus grande acuité, comme il voit ce vers quoi il est à  présent tourné.»

Glaucon : «Oui, ce serait normal.» (6)

L’homme possède un extraordinaire pouvoir d’apprendre. Chacun a un outil de perception qui lui permet de se libérer de ses chaînes. L’éducation est ce qui libère l’homme de sa prison matérielle et lui permet de tourner le regard de son âme vers le vrai. Dans le mouvement de l’âme, de l’obscurité de l’ignorance à la sagesse de la lumière, l’accompagnement pour le retournement est indispensable. Celui qui s’est détaché de certaines entraves a le devoir, la responsabilité d’accompagner et d’éduquer. Nous ne sommes pas nés de rien, nous avons été éduqués par nos parents et par la société. C’est pourquoi Platon parle de la nécessité, tout en gravissant l’échelle de la vérité, de toujours redescendre, accompagner et remonter. C’est un mouvement permanent du fond vers le sommet et du sommet vers le fond.

La conscience de l’immortalité de l’âme se conquiert dans cette danse spiralée de la périphérie vers le centre, et du bas vers le haut. Cette conscience est également celle de la solidarité, du lien profond, de l’amitié entre tous les hommes. Elle ne peut être une quête individuelle mais un partage, un vécu commun permettant à chacun de tendre vers le meilleur de lui-même.

 

 

Clés de lecture

Parmi les multiples clés d’interprétation du mythe de la Caverne, nous en esquissons quelques-unes, tirées du texte de Platon (La République, Livre VII).

 

Clé cosmogonique

Le Soleil représente l’Unité. Il est à l’origine des saisons, des années et régit tout le monde visible. Il est l’image de l’idée du Bien, qui a donné naissance à toute chose, cause de tout ce qui est droit et beau. Le soleil est ce qu’il faut voir pour agir de manière correcte dans sa vie personnelle ou publique.

 

Clé des mystères

La caverne est un lieu d’initiation avec la perte de repères au moment de l’aveuglement et la nécessité de vaincre peu à peu les ténèbres, par soi-même. Elle permet la naissance à de nouveaux concepts, modes de vie et perspectives. Il faut mourir et renaître, et s’initier aux mystères de la vie et de la mort. Ce mythe est un voile habile pour évoquer le mystère sans trahir le serment de silence qui l’accompagne.

 

Clé humaine

La caverne met en évidence la condition de l’homme fait de «l’un et de l’autre». Il est enchaîné et prisonnier, mais il possède la puissance d’apprendre. Il possède cet œil de l’âme qui a du mal à se détacher de l’obscurité et qui doit se «retourner» pour aller vers ce qui est lumineux. Il a besoin d’éducation pour faire émerger son potentiel. Cette clé indique la solidarité nécessaire des hommes entre eux. L’homme n’est pas encore un dieu et ne peut voir la vérité, mais il peut tendre vers cette vérité.

 

 

 

Notes

(1) Phédon, Platon, Garnier Flammarion, 1991, page 295-296

(2) Fils d’Ariston, jeune frère de Platon et d’Adimante, principal interlocuteur de Socrate dans le livre VII de La République de Platon

(3) La République, Livre VII, Platon, Gallimard Folio essais, page 357-358

(4) Ibidem, page 358-359

(5) Ibidem, page 359-361

(6) Ibidem, page 364-365