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Agenda

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  • L'homme et l'animal, 3000 ans de relations tumultueuses. Qu'en disent les philosophes grecs ?
    jeudi 26 septembre 2019 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

  • L'homme et l'animal, 3000 ans de relations tumultueuses. Qu'en disent les philosophes modernes ?
    jeudi 3 octobre 2019 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

  • L'homme et l'animal, 3000 ans de relations tumultueuses. Qu'en disent les philosophes contemporains ?
    jeudi 10 octobre 2019 de 10h à 12h
    19 Bd Salvator 13006 Marseille

 

Quelques paraboles du Bouddha

L 'HOMME BLESSE

Bouddha raconte la célèbre parabole de l'homme blessé par une flèche et qui ne veut pas qu'on la lui retire avant de connaître la caste, le nom, les parents et le pays de celui qui l'a blessé. “ Procéder ainsi, dit le Bouddha, c'est se mettre en danger de mort; moi, j'enseigne à ôter la flèche”.

Par cette parabole, il répondit à ceux qui lui demandaient si l'univers était fini ou infini, s’il était éternel ou s'il avait été créé.

 

LES AVEUGLES DE NAISSANCE

Un groupe d'aveugles de naissance désiraient savoir ce qu'était un éléphant. L'un d'eux toucha la tête et dit que c'était comme une grande cruche; un autre, la trompe et dit que l'éléphant était comme le serpent; un autre, les défenses et dit qu'elles étaient comme les sors d'une charrue; un autre, le flanc et dit que c était comme un grenier; un autre, la patte et dit que c'était comme un pilier. Ceux qui prétendent savoir ce qu'est l'univers commettent une erreur semblable.

 

LE BIEN POUR LE MAL

Un insensé comprit que le Bouddha prêchait que nous devons rendre le bien pour le mal. Il alla donc le trouver et l'injuria. Le Bouddha garda le silence. Quand l'autre eut fini de l'insulter, il lui demanda: “ Mon fils, si un homme refusait un présent, à qui appartiendrait le présent ?”. L'autre répondit: “ A celui qui voulut l'offrir”. “ Mon fils, répliqua le Bouddha, tu m'as insulté, mais je refuse ton insulte et celle-ci te revient. Ne va-t-elle pas être une source d'infortune pour toi ?”. L'insensé s'éloigna tout penaud, mais il revint se réfugier dans le sein du Bouddha.

 

LES CORDES DU LUTH

Sona, disciple du Bouddha, fatigué des rigueurs de l'ascétisme, reprit le cours d'une vie de plaisirs. Le Bouddha lui dit:

 

— N'étais-tu pas habile autrefois dans l'art du luth ? — Oui, Seigneur, dit Sona.

— Si les cordes sont trop tendues, le luth donnera-t-il le ton juste ? - Non Seigneur.

— Si elles sont trop relâchées, le luth donnera-t-il le son juste ? — Non Seigneur.

— Si elles ne sont ni trop tendues ni trop relâchées, se prêteront-elles à ce qu'on en joue ?

— Parfaitement, Seigneur.

— De même, Sona, les forces de l'âme trop tendues tombent dans l'excès, et trop relâchées, dans la mollesse. Ainsi donc, ô Sona, fais en sorte que ton esprit soit un luth bien accordé.

 

LA VIEILLE FEMME ET LA LAMPE

Un soir, le Bouddha devait donner son enseignement sur une montagne. Une foule immense l'attendait. Comme la nuit tombait, chacun alluma une lampe pour l’accueillir. Une vieille femme arriva, portant une lampe de taille et de qualité bien inférieures à toutes les autres. Sous les moqueries elle la plaça à côté des autres. Une tempête s'éleva soudain, éteignant toutes les lampes, excepté celle de la vieille femme: du fait de sa petite taille, elle avait été protégée par /es autres et sa flamme restait seule à briller dans l'obscurité. Le Bouddha prit alors la lampe et ralluma une à une toutes /es autres, puis il dit: “ Tant qu'il restera une étincelle, toutes les lampes pourront être rallumées”.

 

L'AVEUGLE DE NAISSANCE

Un aveugle de naissance disait: a Je ne crois pas en le monde de la lumière et des apparences. Les couleurs n'existent pas, ni la lumière ni l'ombre. Il n'y a point de soleil, ni de lune, ni d'étoiles. Personne n'a jamais vu de telles choses. Ses amis l'assuraient du contraire mais il restait ferme dans ses positions “ Ce que vous prétendez voir, répondait-il, ne sont que des illusions. Si les couleurs existaient, je pourrais les toucher. Elles n'ont pas de substance, pas plus qu'elles n'ont de réalité”.

Dans ce lieu vivait un médecin que l'on appela auprès de l'aveugle: il mélangea quatre simples et le guérit ainsi de son infirmité. Le Tathagata est le médecin et les quatre simples sont les Quatre Nobles Vérités.

 

LE PARIA

Quand le Bhagavat vivait à Sravasti, dans le jardin de Detavana, il prit un Jour son bol et partit mendier sa nourriture. Il s’approcha de la maison d'un prêtre brahmane, au moment où la flamme du sacrifice brillait sur l'autel. Le prêtre lui dit: “ Reste ici, ô crâne rasé ! misérable sramana, tu n'es qu'un paria ?. Le Bienheureux lui répondit: “Qu'est-ce qu'un paria ? Le paria est un homme colérique et odieux; un homme malveillant et hypocrite; il est plongé dans l'erreur et pratique le mensonge. Qui que ce soit qui est provocateur et avare; celui qui possède des désirs coupables celui qui est envieux, pervers, sans pudeur; celui qui ne craint pas dé commettre un péché, celui-là doit être reconnu comme paria. Ce n'est pas la naissance qui fait le paria; ce n'est pas la naissance qui fait le brahmane. Ce sont les œuvres qui font le paria, ce sont les œuvres qui font le brahmane.

 

LA GRAINE DE MOUTARDE

Un homme riche trouva une fois son or soudain transformé en charbon. Il se mit alors au lit et refusa toute nourriture. Un de ses amis, ayant appris qu'il était malade, vint le voir et lui demanda de lui raconter quelle était la raison de son mal. L'ami lui dit alors: “ Tu n'as pas fait un bon usage de tes richesses. Quand tu l'amasses, ton or ne vaut pas plus cher que du charbon. Maintenant, écoute un conseil: va étendre tes tapis au bazar, remplis-les de charbon et annonce la vente. Ce que fit le riche. Et quand ses voisins lui demandaient: “ Pourquoi vends-tu du charbon ?”, il répondait: “ Ce sont mes biens que je mets en vente ”.

 

Quelque temps plus tard, une jeune fille très pauvre, nommée Krisha Gotami, passant par là et voyant le riche dans le bazar lui dit: “ Monseigneur, vendez-vous aussi ces piles d'or et d'argent ?”. Le riche dit alors: a Pourriez-vous me faire la faveur de me donner cet or et cet argent ?”. Krisha Gotami donna un coup de poing dans le charbon et c’est alors qu'il se transforma en or.

 

Voyant que Krisha Gotami possédait l'œil mental de la connaissance et qu'elle voyait la valeur réelle des choses, il la maria à son fils en se disant, “ Pour beaucoup de gens, on ne vaut pas plus que le charbon; mais avec Krisha Gotami, le charbon se transforme en or''.

 

Elle eut un fils. Mais cet enfant mourut. Dans sa douleur, elle apporta l'enfant mort à toutes ses voisines, leur demandant un remède. Et les gens disaient: “ Elle a perdu la raison. L'enfant est mort”. Finalement, Krisha Gotami en rencontra un qui répondit à sa supplique: “ Je ne connais pas de remède pour ton enfant, mais je connais un médecin qui pourra te le donner”. Elle répondit alors: “Je te supplie de me dire qui est cette personne”. L'homme lui répondit: “ Va chercher le Bouddha à Sakyamuni ”.

 

Krisha Gotami s'en fut auprès du Bouddha et s'écria en pleurant: “ Seigneur, notre Maître, donne-moi un remède pour guérir mon enfant”. Le Bouddha répondit: “ 11 ne faut rien de plus qu'une graine de moutarde”. Et comme la jeune femme promettait de se la procurer, il ajouta: “Cette graine de moutarde doit provenir d'une maison qui n'a jamais perdu un enfant, un époux, un parent ou un ami ”.

 

La pauvre Krisha Gotami s'en fut alors de maison en maison. Les gens avaient pitié d'elle et lui disaient: “ Voici la graine de moutarde, prends-la”

 

Mais quand elle demandait: “ Avez-vous perdu dans votre famille un fils, une fille, un pére, une mère ?”. Ils répondaient: “Aie ! les vivants sont peu nombreux, mais les morts sont innombrables ! hie réveille pas notre douleur”. Et elle ne trouva pas une seule maison où l'on n'avait pas eu à déplorer la mort d'un être aimé.

 

Fatiguée et désespérée, elle s'assit au bord du chemin, contemplant les lumières de la ville; elles s'affaiblirent puis s'éteignirent bientôt. L'ombre s'étendit partout. Elle pensa alors au destin de l'homme dont la vie s'affaiblit puis s'éteint, et elle æ dit en elle-même: “Quelle égoïste suis-je dans ma douleur ! La mort est le sort commun. Sans doute y a-t-il dans cette vallée de désolation, un chemin qui mène à l'immortalité qui déracine tout égoïsme”. Et, maîtrisant égoïsme de son amour pour son fils, Krisha Gotami enterra son cadavre dans le bois. Elle s'en fut ensuite auprès du Bouddha et se réfugia en lui, trouvant consolation dans le Dharma, le baume qui adoucit toutes les peines des cœurs déchirés.

 

Le Bouddha dit alors: “ La vie des mortels sur la terre est entourée, traversée et altérée par la douleur. Mais il n'y a aucun moyen pour ceux qui sont nés d'éviter de mourir; après la vieillesse, vient la mort. Ainsi le veut la nature des êtres vivants. Ainsi, comme les fruits mûrs sont sur le point de tomber de l’arbre, ainsi les mortels, dès l'instant qu'ils sont nés, tombent dans le pouvoir de la mort. Tous lui sont soumis. Parmi ceux qui, effrayés par la mort, abandonnent la vie, le père ne peut sauver son fils, ni les membres de la famille leurs parents. Voyez ! Tandis que les parents regardent et se lamentent avec amertume, un homme puis un autre est emporte comme un bœuf que l’on emmène à l'abattoir. Ainsi, le monde est-il affligé par la mort et la ruine, et c'est pourquoi le sage n’est pas déconcerté parce qu'il connaît les lois du monde. La manière dont on pense qu’une chose va durer, diffère de ce qu'elle va réellement durer et la déception est immense. Ainsi sont les lois du monde. Et ce n’est pas en se désolant, ni en pleurant que s’acquière la paix de l'esprit; au contraire, la douleur s’accroitra et le corps souffrira. On tombera malade, on pâlira et, sans doute, la mort n'a-t-elle pas pour remède les lamentations. Les hommes mourront et après la mort, leur destin dépend de leurs actes. Qu'un homme vive cent ans, ou qu’il vive moins, il finira toujours par se séparer de la compagnie des ses parents et par abandonner la vie de ce monde. Celui qui cherche la paix doit arracher de ses blessures la flèche de la lamentation, de la plainte et du dégoût. Celui qui a arraché la flèche de ses blessures et qui s'est calmé, obtiendra la paix de i esprit. Celui qui a vaincu la douleur, se délivrera ainsi de toute douleur et sera béni.”