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Platon au secours de l'Ecole de la République

par Philippe GUITTON, enseignant en philosophie, fondateur de la Maison de la Philosophie à Marseille, co-auteur de Les voies de l’immortalité dans la Grèce antique.

 

«Aussi, ce que j’appelle éducation, c’est l’acquisition première que les enfants font de la valeur morale.» Platon, les Lois, II, 652b

«Il ne faut en aucun cas mésestimer l’éducation, le plus haut des bienfaits qui puisse échoir aux meilleurs des hommes.» Platon, les Lois, I, 644b

 

Pour Platon, la justice dans la «République», s’obtient par l’éducation de citoyens amoureux et gardiens du Bien et par celle de sages législateurs. À la pointe du progrès parce qu’indémodable, sa philosophie nous éclaire sur les maux éducatifs de notre temps.

 

Toute éducation répond à une finalité et à des valeurs pour l ’atteindre. La conception de la réussite dans un système scolaire est directement liée à celle que l’on se fait de l’homme, du monde et de la société. Interrogeons nos modèles actuels, et nous verrons que l’éveil à la moralité, et aux valeurs républicaines n’est pas prioritaire. Ce n’est pas un préalable ni un critère de réussite. La moralité publique et le comportement citoyen deviennent peu à peu des exceptions et les diplômes ne nous préservent pas de la corruption. Pourquoi cette dérive de l’école de la République malgré la bonne volonté des enseignants ?

 

La morale, une question génétique ?

 

L’école et les parents tentent d’instruire et d’éduquer l’enfant à la citoyenneté et à la moralité. Mais ont-il l’art et la science pour le faire ? Les contre-modèles de notre société médiatisée à outrance rendent le combat disproportionné. Le relativisme ambiant justifie, sous couvert de liberté d’expression, l’accès à l’image de tous les instincts. La «caverne», avec ses jeux d’ombres, crée à chaque instant des besoins illusoires, laissant peu de place pour la vie de l’esprit. Nous voyons poindre ça et là des discours fantaisistes sur les prédispositions soi-disant génétiques au vice ou à la moralité. Faut-il modifier génétiquement l’homme pour qu’il soit moral de naissance ? Rêve ou cauchemar ? L’école de la République a peut-être perdu foi en elle-même, ce qui la rend impuissante à transmettre ses principes. Les modèles rigides d’avant 68 n’ont pas été remplacés par une finalité et des valeurs claires. Comme toute institution fragilisée, l’Éducation nationale se replie sur elle-même et cherche à se conserver, au risque de mourir et de faire mourir l’amour des valeurs qui nous fondent. Ne serions-nous pas face à un malade qui ne veut pas connaître la cause de son état et préfère revoir l’ordre des remèdes ou changer régulièrement de médecin ? Dans une période de crise, le rôle de la philosophie est de faire un pas de côté pour voir où nous nous sommes fourvoyés et proposer des alternatives.

 

Quelques présupposés de l'Éducation nationale

 

En tant qu’institution, elle possède une tradition très ancrée que les décrets et évolutions successives ne parviennent pas à changer. Indépendamment des discours et des pratiques propres à chaque enseignant, le modèle mental fortement enraciné est le suivant :

1. Le savoir est extérieur à l’élève, ignorant par nature ; il faut lui transmettre une connaissance. L’élève doit apprendre ce qu’on lui dit. L’enseignant sait.

2 . Nous connaissons avec certitude, de manière scientifique, ce qu’il faut donner comme connaissance. L’institution sait.

3. L’acquisition de ce savoir, le respect du contenu des programmes sont essentiels. L’intellect doit être privilégié. Le bon élève est celui qui sait.

4. On juge l’écrit sur la justesse de la restitution de la connaissance ; l’oral sur la motivation apparente et la forme d’expression. L’important est de savoir et de savoir le dire.

5. Il nous faut le maximum de résultats positifs aux examens, signe de la réussite de l’institution. L’idéal est que tous les élèves deviennent des «sachants».

 

Le retour des sophistes et des justiciers

 

Quelle différence pouvons-nous faire, à part la démocratisation de l’accès à l’école, entre la vision sophiste que combat Platon et la vision institutionnelle de l’éducation actuelle ? Dans les deux cas, le savoir peut être utilisé de manière morale ou immorale, nos critères d’évaluation ne portant pas sur les comportements mais sur le seul savoir. Nous n’avons aucune assurance que les soi-disant meilleurs, agissent moralement. Par contre, nous pouvons être sûrs qu’une partie des «mauvais élèves» chercheront à régler leurs comptes, en rendant responsables la société et l’institution, de l’injustice qu’ils subissent.

 

Ne pas être pressés, penser par soi-même

 

De manière générale, nous pouvons constater que le choix éducatif actuel privilégie la méthode courte sur la méthode longue selon la distinction platonicienne :

• Méthode courte : donner des connaissances, les faire apprendre, les faire restituer.

• Méthode longue : inviter à chercher par soi-même, à faire découvrir en acceptant l’erreur, penser avec les autres.

Choisir la méthode longue implique d’accepter son ignorance. Penser par soi-même implique une distance et une attirance entre moi et la vérité, moi et l’Autre. Pour privilégier le «penser par soi-même», Platon pose quelques hypothèses :

 

1. Il y a toutes les vertus du Bien à l’intérieur de chacun.

2. La mémoire de ce Bien se retrouve par rappel des modèles. Savoir, c’est se souvenir.

3. Penser est une pratique, volontaire, libre, amoureuse de la sagesse.

Sa méthode longue consiste à extraire la connaissance de l’opinion, à purifier le mental par le dialogue et la dialectique, à s’accoucher par la pratique de la maïeutique, art et science suprême de l’éducation.

 

Aimer et imiter avant de savoir

 

L’enfant, dans la vision platonicienne, quel que soit le domaine où il semble avoir des dispositions, doit s’y exercer dès son plus jeune âge. Pour cela, il faut qu’il y trouve amusement, intérêt et beauté. Il jouera à son futur métier avec de petits outils qui imitent les vrais. L’enfant désirera alors au plus haut point exceller dans son futur domaine, devenir un bon citoyen, en commandant et en obéissant en toute justice. La raison, la connaissance juste et son application résultent de l’éducation par amour et désir d’imitation. La formation morale dans la beauté, le jeu, l’apprentissage libre et volontaire précède les disciplines intellectuelles. La véritable éducation conduit de l’enfance à la valeur humaine. L’acquisition de savoirs, de savoir-faire, de moyens matériels, sans être devenu un homme de valeur, n’est en aucun cas de l’éducation.

 

L’existence de modèles et l’identification à ces modèles sont les principes initiaux de l’éducation platonicienne. Cette identification commence par un lien affectif et ludique avec les préceptes moraux jugés universels, par des pratiques et par l’imagination. Les premières sources de ces modèles sont les histoires et les mythes racontés dès le plus jeune âge. Écouter et voir le modèle engendrent une nécessité de l’imiter par habitude et par goût. Cela devient peu à peu une nature, un comportement libre et libérateur.

Cette empreinte, si elle est durable, peut devenir un référentiel puissant pour choisir les comportements à venir. À la fois par plasticité de l’âme et par éveil à la réminiscence, ces modèles deviendront formes de vie et fondements de principes de vie, d’obéissance libre à ces principes.

 

Bonté et immuabilité comme modèles

 

Ces modèles exemplaires, ces lois, seront constitués à partir de valeurs, comme la bonté et l’immuabilité propres au divin. Ce qui est dit, la manière de le dire, le rythme et l’harmonie, doivent éveiller et graver les vertus dans les jeunes âmes. Les valeurs sont à transmettre en belle musique. Platon nous rappelle l’importance des modèles de simplicité, de vérité en acte et parole, de courage sans peur de la mort, d’amitié mutuelle, de piété, d’amour droit, de tempérance, de justice et de sagesse. Notre tâche, comme celle esquissée aux Livres II et III de La République, est de sélectionner les histoires, les contes, les mythes exemplaires et de déterminer un ordre de lecture pour nos enfants. Parfois, il faudra les écrire, faute de modèles performants. La lecture vivante, les marionnettes, le théâtre seront privilégiés pour permettre le travail nécessaire de l’imagination. L’enfant doit recréer en lui ce qui n’est pas montré. La lenteur répétitive engendrera l’empreinte et la réminiscence.

Il y a donc un choix de textes, de formes, de couleurs, de rythmes, d’harmonies nécessaires à cette éducation. Mais rien ne remplace la beauté des comportements harmonieux des parents et des enseignants que l’enfant observera dès sa naissance.

 

L'école des parents

 

Si tout se joue dès les premières années, la gestation et la petite enfance doivent être heureuses et simples pour les parents et les enfants. Dans sa réflexion sur l’enfance, Platon propose une aide et une formation pour tous les acteurs de l’éducation.

Il nous parle d’une voie raboteuse et d’une voie plus unie, le dialogue des enfants avec leurs parents ou éducateurs. La première fonctionne avec les réprimandes et les exhortations ; la seconde, d’après l’idée que nul ne commet le mal volontairement mais par ignorance. Dans la voie raboteuse, le résultat est, faible, et souvent inverse au souhait éducatif. Platon nous propose de former les parents à l’interrogation en profondeur de celui que l’on veut éduquer. Mettre l’enfant face à lui-même, mettre en évidence les liens, les contradictions, les ignorances, les opinions. Ce n’est plus contre les parents, mais contre euxmêmes que les enfants commencent à s’irriter et s’ouvrent progressivement à l’autre. Cette école des parents est l’école de la vie intérieure, l’art du questionnement, l’accouchement du Bien en l’autre. C’est l’application de la voie longue qui, en réalité, est la plus courte pour un résultat réel dans le temps.

 

La réponse de Platon aux maux actuels de l'éducation

 

Résumons maintenant quelques principes platoniciens qui font écho aux présupposés de notre système éducatif actuel :

1. Le savoir est intérieur à l’élève qui le possède par nature ; il faut l’accompagner pour qu’il fasse sortir de lui le meilleur. L’enseignant est un accoucheur, l’élève doit apprendre à apprendre de tout et de tous.

2. L’éducation est un art en plus d’être une science. L’institution est un organisme vivant, adaptable et conscient de son ignorance. Le développement de l’amour de la connaissance est supérieur à la connaissance.

3. La capacité de penser par soi-même, de choisir, de se remettre en cause est plus importante que le savoir. L’attitude adéquate dans la pratique doit être privilégiée. Les élèves sont différents et la justice consiste à donner à chacun ce dont il a besoin selon sa nature et ses actes, pour qu’il progresse harmonieusement.

4. On étudiera avant tout le comportement de l’élève, seul et en collectivité pour privilégier l’amélioration progressive et constante du lien avec lui-même, les autres et le monde, et lui donner sa juste place. L’institution forme des individus citoyens.

5. Chaque élève est unique et ce qui lui est nécessaire pour s’accomplir est différent pour chacun. La méthode ne peut être qu’artisanale, personnalisée tout en privilégiant l’apprentissage mutuel. Il n’y a pas de réussite ni d’échec, mais la réalisation de sa propre nature au service de soi-même et de l’ensemble.

 

Ces quelques traits du positionnement éducatif platonicien mettent en évidence que les différences avec notre institution sont avant tout idéologiques. Cela ne poserait aucun problème si l’idéologie de l’institution était claire et affichée, mais ce n’est pas le cas. Sous couvert de neutralité, de laïcité, d’un rôle d’instruction, aucun débat de fond ne peut sereinement s’entamer. Qu’est-ce qui se cache derrière ce paravent ? Ne serait-ce pas une idéologie élitiste, matérialiste et utilitariste de l’éducation qui ne s’énonce pas comme telle ? Pourquoi acceptons-nous la mise en vente libre, voire obligatoire, d’un produit non identifié à la traçabilité inexistante ? Platon a au moins le mérite d’énoncer clairement ses hypothèses et de les confronter à celles des autres, sans peur de ne pas aboutir, de revenir en arrière, de voir les contradictions. Les problèmes, les erreurs, les antagonismes sont au coeur de sa philosophie, comme une épaisseur qui nous fait avancer, nous transforme, nous confronte à l’Autre. Aucune idéologie n’est parfaite, ni celle de Platon, ni celle de l’institution de l’Éducation nationale. Mais pourquoi se priver de les confronter posément et de renouveler notre regard ? Ce serait une graine de renaissance culturelle, éducative, civilisatrice.

 

RÉFÉRENCES DES OEUVRES DE PLATON :

Les Lois, I, 643b-644b ; traduction par Luc BRISSON et Jean-François PRADEAU, Éditions GF Flammarion, 2006

Les Lois, II, 652b-654b

La République, III, 401 e-402c ; traduction par Georges LEROUX, Éditions GF Flammarion, 2002

La République, VI, 493a-494a

La République, VII, 518b-519b

Protagoras, 325c-326 e ; traduction de Louis GUILLERMIT, Éditions GF Flammarion, 1994

Sophiste, 229d-231e ; traduction de Louis GUILLERMIT, Éditions GF Flammarion, 1994

 

 

 

Encadré 1 : Les enfants ont en eux des germes, des commencements d'idées

 

«Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés … ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fermeté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette oeuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort … La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des coeurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité… J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés, qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence !... Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : “Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées”. Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.»

Extraits de Lettre aux instituteurs de Jean Jaurès, publiée dans La Dépêche de Toulouse, 15 janvier 1888

 

 

Encadré 2 : L'acquisition du savoir est réminiscence

 

«Ainsi, immortelle et maintes fois renaissante, l’âme a tout vu, tant ici que dans l’Hadès, et il n’est rien quelle n’ait appris ; aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que, sur la vertu et sur le reste, elle soit capable de se ressouvenir de ce qu’elle a su antérieurement. Toute la nature étant de même souche, et l’âme ayant tout appris, rien ne s’oppose à ce que celui qui se ressouvient d’une seule chose (c’est précisément ce que l’on nomme apprendre) retrouve toutes les autres, pour peu qu’il montre courage et ténacité dans sa recherche ; car chercher et apprendre sont au total réminiscence.» Ménon, 80d, Platon

 

 

Encadré 3 : L'homme, doux ou sauvage ?

 

«La bouture naissante d’une plante quelconque, si vous la dirigez convenablement pour développer ses qualités naturelles, elle deviendra souverainement fertile en fruits. Il en est de même de tous les arbres, des animaux domestiques ou sauvages et des hommes. Nous disons bien que l’homme est un être doux ; cependant, quand il a reçu une bonne éducation et qu’il est doué d’un heureux naturel, il devient ordinairement le plus divin et le plus doux des animaux ; si, au contraire, il a reçu une éducation insuffisante ou défectueuse, il devient le plus sauvage des êtres que produit la terre». Les Lois, livre VI, 766a, Platon

 

 

Encadré 4 :  Platon, l'Égypte et l'éducation

 

En cherchant à comparer les modèles éducatifs et législatifs de son temps, Platon nous dévoile sa réflexion sur l’Égypte. Les législateurs de ce pays, il y a des milliers d’années, avaient réussi à mettre en place des canons artistiques fixes, des modèles restés intacts jusqu’à son époque. L’idéalisme de l’art égyptien, par opposition aux formes réalistes de l’art grec, illustre de manière puissante pour Platon la fonction éducatrice de l’art. Il donne à voir et à entendre les modèles atemporels de vertus, et invite à les imiter. La beauté des attitudes physiques et morales, codifiée dans le canon de l’art égyptien, relie l’homme aux lois de la nature et éveille le meilleur de chacun. La sensation de plaisir des jeux artistiques ordonnés selon les modèles divins donne goût à imiter et à vivre de manière harmonieuse et tempérée. Pour Platon, cette interdépendance entre beauté extérieure et beauté intérieure permet de passer de la beauté physique à la beauté morale.  Clinias : «En Égypte, peux-tu nous dire quelle est la législation en la matière ?

L’étranger d’Athènes : … C’est aux attitudes et aux mélodies décentes que doivent être accoutumés les jeunes gens dans les cités. Après avoir établi des prescriptions concernant la nature et le style de ces attitudes et de ces mélodies, ils les ont montrées dans leurs temples. Et il n’était pas permis aux peintres ni à aucun de ceux qui représentent les attitudes ou quoi que ce soit, d’innover et d’imaginer rien qui différât de ce qui avait été fixé par la tradition… Cela montre qu’en pareille matière, il était bien possible de légiférer avec une solide confiance sur les mélodies qui offrent une rectitude naturelle. Cela pourrait bien être là l’oeuvre d’un dieu ou de quelqu’un de divin». Les Lois, II, 656d-657b, Platon