La Kabbale hébraïque (1ère partie)

par Brigitte Boudon, enseignante en philosophie, fondatrice des Jeudis Philo à Marseille, auteur des ouvrages : Les voies de l'immortalité dans la Grèce antique, Symbolique de la Provence, Symbolisme de l’arbre, Symbolisme de la croix.

 

Nous allons étudier la tradition ésotérique juive, que l’on appelle communément la Kabbale.

 

La nature de la Kabbale

Le terme « Kabbale » vient de l'hébreu Qabbalah (qbl), qui veut dire « recevoir ». Ce terme est aujourd’hui utilisé communément pour définir la mystique juive et les traditions ésotériques du judaïsme. Mais il faut savoir que dans le langage talmudique, Qabbalah signifie tout simplement « tradition » et désigne les textes prophétiques de la Bible, sans aucune connotation mystique ou ésotérique.

 

Le terme ne commence à revêtir un sens ésotérique qu’au Moyen Age et plus particulièrement au XIIème siècle, notamment en Provence, où il définira le champ de la mystique et de l’ésotérisme juifs.

Le mot connaît à partir de ce moment là une large diffusion, et il en est venu rétroactivement à désigner tous les mouvements ésotériques et toutes les formes de mystique surgies dans le champ du judaïsme depuis ses origines jusqu’à nos jours.

Aussi, il convient de clarifier ce qu’on entend par mystique et ésotérisme juifs.

La mystique désigne généralement une démarche ou une discipline spirituelle qui conduit l’homme à un contact direct, et à la limite, à une union intime, expérimentale avec Dieu. La mystique jaillit d’une aspiration à déborder les limites de l’espace et du temps ordinaire pour réaliser une communication avec le divin.

Entendue de cette manière, la mystique peut sembler incompatible avec le judaïsme. En effet, l’idée biblique de création semble établir une distinction radicale entre le Créateur et la création. Et l’obéissance aux préceptes garantit dans le judaïsme traditionnel le salut de l’individu et l’aboutissement du plan de Dieu pour l’ensemble de la création.

Et pourtant, différents types de mystique sont apparus à l’intérieur du judaïsme. Tous les mystiques juifs n’aspirent pas à l’union avec Dieu, mais on trouve dans le judaïsme des courants ou des auteurs qui aspirent à une saisie du divin et de la création au-delà des limites de l’expérience habituelle et qui débordent ce que peut appréhender l’intellect dans son exercice ordinaire. Et ils font donc aussi partie de la Kabbale. Nous en parlerons.

 

En quoi la Kabbale est-elle avant tout une forme de pensée ésotérique ?


Comme l’ésotérisme chrétien, la Kabbale traite des sujets les plus profondément cachés et les plus essentiels concernant l’homme, le monde et Dieu, en se servant de métaphores et de symboles.

Et nous allons y trouver les composants déjà étudiés de l’ésotérisme : la science des correspondances, la Nature vivante, le rôle des médiations et l’expérience de la transmutation.

Autrement dit, on peut définir au sein de la Kabbale deux grandes orientations :

. la première, de nature plutôt dévotionnelle, se fonde sur des expériences spirituelles et peut mener à l’extase et à l’union mystique. C’est là qu’il faut situer les mystiques de la Merkabah.


La Merkabah est un terme hébreu qui signifie char (de la racine R-K-B signifiant chevaucher). C'est un des plus anciens thèmes de la mystique juive.  Il s'agit pour le mystique d'accéder à la contemplation du trône céleste. Le concept de la Merkabah a son origine dans le premier chapitre du Livre d’Ezéchiel où apparaît le char divin.

Dans cette même orientation mystique, on trouve Abraham Abulafiah au XIIIème siècle et son école, et plus tard, les Hassidim au XVIIIème siècle en Europe de l’Est. C’est la Kabbale mystique.

 

. la seconde orientation est celle de la Kabbale ésotérique, fondée essentiellement sur une interprétation symbolique du contenu des Ecritures. C’est cette orientation que nous trouvons dans le Sefer Yetsira et le Zohar.

Bien entendu, il ne s’agit que de deux lignes de force, lesquelles peuvent se croiser et se combiner dans la personne de certains mystiques ou à l’intérieur de certaines écoles.

On peut dire que jusqu'au XIIème siècle, la Kabbale reste un courant de pensée souterrain par rapport au judaïsme rabbinique, talmudique traditionnelle.

Elle resurgit au XIIème siècle en réaction à une tradition talmudique jugée trop abstraite, et comme une réaction contre les partisans du philosophe Maïmonide (1135-1204), jugé trop rationaliste et s’éloignant de la pratique religieuse pour aboutir à la contemplation pure. Son Guide des égarés faisait craindre chez certains l’émergence d’un judaïsme abstrait et désincarné.

Au XIIème siècle en France, on assiste à l'éclosion de communautés juives renommées, notamment en Provence, avec Isaac dit l'Aveugle.

 

En Espagne, les cercles kabbalistiques catalans permettent la diffusion de la Kabbale dans toute l’Espagne. C'est au XIIIème siècle que Moïse de Léon, kabbaliste espagnol, retrouve le Zohar ou "Livre de la splendeur", qui devient le traité majeur de la Kabbale.

 

Au XVème siècle, les Kabbalistes espagnols sont obligés de s'exiler et vont répandre leur enseignement dans les pays où ils s'installeront. L’influence de la Kabbale dans le monde occidental latin sera considérable, surtout à partir de la Renaissance.

 

 

Les quatre écrits fondateurs de la Kabbale

Sefer Hanoch ou Livre d’Enoch

 

Hébreu archaïque ou araméen

Fin XVIIIème siècle en Ethiopie

Vers 164 avant J.C.

Sefer Yetsira ou Livre de la Formation

6 chapitres courts

hébreu

Xème siècle

Moyen Orient

Abraham

Auteurs entre IIIème et Vème siècle

Sefer ha Bahir

ou Livre de la Clarté

200 paragraphes de quelques lignes à une page

hébreu et araméen

Fin XIIème siècle

Languedoc

groupe de kabbalistes du Moyen Age

Sefer ha Zohar

ou Livre de la Splendeur

2400 folios

une vingtaine de livres  araméen

1270/1295

Catalogne

Simeon Bar Yohaï (IIIème siècle après J.C.), en fait Moïse de Leon

 

 

I – Le Sefer Hanoch ou Livre d'Enoch

 

C’est un texte de la Merkabah qui illustre la présence des mondes intermédiaires : du nom du 7ème patriarche après Abraham, ancêtre de Noé, lequel fut "pris" par Dieu avant la fin de ses jours.

 

Un voyageur écossais découvrit vers la fin du XVIII° siècle en Ethiopie le premier manuscrit intégral du livre, et on sait aujourd’hui que le livre d'Enoch fut à l'origine rédigé en hébreu archaïque, et en araméen. On en situe la rédaction vers le III° ou IIème siècle avant J.C..

La version originale en araméen était considérée comme perdue jusqu'à ce qu'on en trouve des parties à Qumrân en 1947 parmi les manuscrits de la mer Morte.

 

Le livre d'Enoch donne une description détaillée de l'ascension de l'âme à travers les 7 palais ou 7 cieux, lors de l'expérience mystique. Dans le dernier palais, le plus haut et le plus central, séparé par un voile, se trouve le Dieu vivant dans la création. Chaque palais est entouré de remparts dont les portes, gardées chacune par 8 anges, ne s'ouvriront que si le voyageur céleste connaît le mot-de-passe : généralement le nom secret du 8° ange. Plus que de simples mots de passe, il s'agit de véritables sceaux magiques qui protègent l'âme dans son ascension, et qui proviennent du trône céleste lui-même ou, selon un commentaire, "ils sont comme des colonnes de flamme autour du Trône de feu ".

 

Le livre décrit la hiérarchie divine - c'est-à-dire les différentes classes d'anges - et promet la révélation "des mystères et des secrets merveilleux de ce lien dont dépend le cours du monde et sa perfection ; de la chaîne du ciel et de la terre le long de laquelle les ailes de l'Univers et toutes les sphères célestes sont unies, cousues ensembles, fixées et suspendues".

 

 

II - Le Sepher Yetsira, Livre de la formation, retrouvé vers 946

 

Le Sepher Yetsira est en général traduit par « Livre de la création ». En réalité, le terme "yetsira" vient de la racine hébraïque Yotser qui indique l'acte de donner forme.

La véritable traduction serait donc " Le livre de celui qui donne la (ou les) forme (s) "ou, comme le propose Charles Mopsik " Le livre du Potier ", ce qui n'est pas sans nous rappeler la fonction créatrice de Khnoum, le potier-créateur des formes, de l'antique Egypte. Il vaut donc mieux traduire par « Livre de la Formation ».

 

Ce livre nous livre un enseignement traditionnellement attribué à Abraham, lequel l'aurait reçu de Dieu lui-même. Il semble avoir été composé vers le IIIème siècle de notre ère et relate comment  le monde fut formé à partir des 10 nombres primordiaux (du même nombre que les 10 doigts de l’homme) et des 22 consonnes de l'alphabet hébraïque.

 

Le premier chapitre du livre indique :

 

1.1- Par trente-deux voies mystérieuses de sagesse, Yah Yhwh, Dieu d'Israël, Elohim vivant, Dieu tout-puissant, élevé et sublime habitant l'éternité et dont le nom est saint, a tracé et créé son monde, sous trois formes, dans l'écriture, le nombre et la parole : (ce sont) dix nombres primordiaux, (et) vingt-deux lettres fondamentales (...)

1-2    Dix Séphiroth dans le néant et vingt-deux lettres de fondement : trois mères, sept doubles et douze simples.

 

Dieu génère par la Parole, par l’Ecriture et par les Nombres, la multiplicité des formes, les formes primordiales, puis leurs combinaisons multiples.

 

Extrêmement court (moins de 1600 mots), le Sefer Yetsira  est écrit dans un style qui défie toute interprétation simple. C'est pratiquement un mode d'emploi didactique et ésotérique des secrets de la création.

 

Les dix Sefirot (Sephiroth) sont les dix nombres primordiaux, les « Numérations pures ».

Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter, dénombrer. Le terme sefirot signifie qu'il ne s'agit pas de nombres ordinaires mais de principes métaphysiques de la création.

 

Les 22 lettres/ consonnes (associés également à des nombres, de 1 à 400 ) :

 

. Le premier groupe de lettres est composé des trois consonnes mères aleph, mem, shin. Ces trois lettres sont en relation avec les 3 éléments (Souffle, Eau et Feu), les trois saisons (Printemps, Eté, Hiver) et les 3 parties du corps humain (tête, poitrine, abdomen).

. Le second groupe est composé des sept consonnes doubles, car elles ont une double prononciation.  Elles représentent les sept planètes du cosmos, les sept jours de la semaine ainsi que les sept orifices de la tête de l'homme, les six directions de l’espace et le Centre.

. Le dernier groupe est celui des douze consonnes simples. Elles sont placées en rapport avec les douze manifestations psychosomatiques qui se déroulent chez l'homme ainsi qu'avec les douze organes principaux. Elles correspondent aux 12 constellations du Zodiaque et aux douze mois de l'année.

Le langage n’est donc pas seulement un instrument de communication, mais il a une valeur cosmogonique. Il est à l’origine du réel tel qu’il se trouve structuré en 3 niveaux fondamentaux : plan des archétypes, le plan des réalisations et le plan cosmique.

 

L'Arbre des Sefirot ou Arbre de Vie

 

C’est un arbre inversé, dont la racine est en haut, vers le Ciel et les branches en bas, vers la Terre. On parle des 10 Sefirot, Sefira au singulier.

Ces dix Sefirot constituent le monde divin, ou la manifestation des hypostases de l'essence divine, les dix niveaux d’émanation à partir de l’Unité, de l’Infini, En-Sof ou Ain-Sof, qui est encore au-delà.

. Tout au sommet de l’arbre, donc à sa racine, hors de portée de toute connaissance, se situe Kether, la Couronne. De Kether procède une série de neuf autres émanations divines, les Sephiroth ou sphères de Dieu, réunis l’un à l’autre par “l’éclair étincelant” qui descend de Kether.

Les Sephirot représentent les attributs, pouvoirs et potentialités du Divin, qui se manifestent en partant de l’Énergie primordiale pour descendre vers la matière, le monde manifesté :

 

. KETER : la Couronne suprême, la Volonté

. HOCHMA, la Sagesse, l’Amour

. BINAH, le Discernement, la Compréhension, l’Intelligence

. HESED, la Grâce, la Miséricorde

. GEBURAH, la Force, la Rigueur, la Justice

. TIFERET, la Splendeur, la Beauté, l’Harmonie

. NETSAH,  la Victoire

. HOD, la Majesté, la Gloire

. YESOD, le Fondement du Monde

. MALKUT, le Royaume

Cette dernière Sefira, la dixième, reçoit l'émanation des Sefirot supérieures et la transmet au monde inférieur.

Cet Arbre de Vie de la Kabbale représente symboliquement les Lois de l'Univers.

 

Ce schéma est formé de :

. 10 centres (ou Nombres appelées Sephirot),

. 4 mondes,

. 3 piliers

. 22 sentiers représentés par les 22 consonnes.

Cet ensemble forme les 32 voies de la Sagesse.


Les 4 mondes sont :

Atziluth : le monde de l'émanation, des archétypes, du mental abstrait.

Il regroupe Kether, Hokmah et Binah. C'est le monde le plus proche de l'essence divine, du grand Tout, de l'Unique. Toutefois, comme chaque Sephirah est présente dans toutes les autres, Aztiluth n'est pas seulement présent dans Kether, Hokmah et Binah, mais également dans les sept autres Sephiroth.  Cette "parcelle" évoquera toujours ce principe de l'émanation originelle des Sephiroth ainsi que leurs rôles dans la création de l'univers.

Briah : le monde de la création, du mental concret, des formes pensées.  Il regroupe Hesed, Geburah et Tiferet. C'est le monde qui a initié réellement l'univers.

Yetzirah : le monde de la formation, des émotions, des sentiments. Il regroupe Netsah, Hod et Yesod.

Asiah : le monde de l’action, de la cristallisation, qui a vu la concrétisation de Malkut. C’est l'ultime étape,  le monde matériel.

 

Les 3 piliers ou colonnes sont :

. la Miséricorde (à droite, polarité positive, masculine) gouverné par la lettre shin :

Le pilier de la Miséricorde comporte les Sefiroth Hokma, Hesed et Netzah.  Il est associé à tout ce qui insuffle la vie et pousse à son développement.

. la Rigueur (à gauche, polarité réceptive, féminine) gouverné par la lettre mem

Le pilier de la Rigueur comporte les Sephiroth Binah, Geburah et Hod.  Ce pilier est associé à tout ce qui contient, résorbe et contient la vie afin de mieux la contrôler.


. l'Equilibre (au centre, neutre) gouverné par la lettre aleph.

Le pilier de l'Equilibre représente le devenir théorique de tout être humain.  Ce pilier comporte les Sephiroth qui se trouvent marquées d'une union équilibrée entre les deux principes, à savoir Kether, la Sephirah de l'illumination, Tipheret, l’Harmonie, Yesod, le Fondement et Malkut, notre monde.

 

Puisqu'aucune créature ne peut tendre vers un Dieu inconnu et caché, Etre absolu et hors du monde, l’être humain va devoir se tourner vers les formes à travers lesquelles le Dieu caché en lui-même, se révèle dans sa propre création.

 

En d'autres termes, apparaît la notion traditionnelle des hypostases de la Divinité ou de la différenciation entre le Dieu caché hors du monde et le Créateur dans le monde, le Dieu vivant qui lui va se révéler à travers différentes formes qui ne sont pas sans rappeler les hypostases de la pensée néo-platonicienne, que l’on a retrouvé dans la gnose chrétienne.

 

Les dix Sefirot sont aussi identifiées aux dix dimensions infinies du cosmos.

Dans une troisième signification, les Sefirot servent à décrire un processus cosmogonique, en relation avec le texte de la Genèse. A partir du souffle, Dieu a créé les vingt-deux lettres fondamentales ; de l’eau primordiale vient le tohu-bohu, le chaos cosmologique, du feu primordial sortent le trône de la Gloire et toute la hiérarchie angélique. On trouve des parallèles à cette conception dans la gnose chrétienne de Valentin, et dans les hypostases de Denys l’Aréopagite (voir schéma :

Parallèle avec les neuf hiérarchies célestes de Denys l’Aréopagite, avec les Séraphins en Keter, les Chérubins en Hokhmah et les Trônes, en Binah. Le reste suit en ordre décroissant dans une densité de plus en plus grande, jusqu’à la dixième sefirah, Malkut qui représente également la forme extérieure organique du Logos cosmique, l’univers entier, matériel.

 

Les 22 sentiers qui relient les Sephirot représentent leurs interactions. Ils peuvent être perçus comme des combinaisons de forces, des zones de transition, des canaux, des chemins.

Les Sephirot elles-mêmes font partie du parcours de l’Arbre. En ce sens, la Kabbale considère qu’il existe 32 sentiers : les 10 Sephirot et les 22 voies qui les relient. Il est utile de représenter les sentiers par des canaux et non pas par de simples lignes. Cela permet d’introduire dans l’Arbre la notion d’écoulement de flux alimentant notre réalité.

 

Autre découpage des 4 mondes :

Le premier de ces quatre mondes, celui de la « constitution », est représenté par une seule sefirah, située au-dessus de toutes les autres, Keter, la Couronne, l’unité ultime. Dans cette atmosphère subtile, Dieu conçoit et imagine des plans pour la création.

Dans le second monde, celui de la « création », les deux sefirot suivantes, Hokhmah et Binah, s’éveillent aux forces archétypales originaires de la polarité masculin-féminin.

Dans le troisième monde, celui de la « formation », les sefirot de Charité, Loi, Beauté, Victoire et Splendeur s’unissent à la Fondation pour créer une vie vibrante. Ce sont des agents actifs de la germination et de la gestation, non seulement pour la vie végétale et celle animale, mais aussi, à des niveaux plus profonds, pour les naissances mentales et spirituelles.

Ensemble, les neuf Sefirot produisent le quatrième monde, celui de la « manifestation », représenté de nouveau – ce qui est en haut est comme ce qui est en bas – par une seule Sefirah, Malkhout (Royaume). C’est le monde prodigieux des quatre éléments et des minéraux, des plantes, des animaux et des humains.

Là, où la matière subtile de l’esprit devient l’esprit dense de la matière. La cause primordiale a achevé son objectif final dans la vie, la nature, l’humanité.

Ainsi l'Arbre des Séfirot ou Arbre de Vie n'est qu'une échelle cosmique grâce à laquelle l'Homme pourra se rapprocher de son créateur, qui reste inconnaissable.

De plus, l'homme doit comprendre qu'il incarne lui-même cet arbre complet non actualisé, et qu'il doit accomplir sa propre ascension intérieure.