La Kabbale hébraïque (2ème partie)

par Brigitte Boudon, enseignante en philosophie, fondatrice des Jeudis Philo à Marseille, auteur des ouvrages : Les voies de l'immortalité dans la Grèce antique, Symbolique de la Provence, Symbolisme de l’arbre, Symbolisme de la croix.

 

Un des problèmes auquel fait face l’ésotérisme juif est, à la suite de la rencontre entre le monothéisme biblique et la pensée grecque, celui des attributs de Dieu. Quel rapport établir entre l’idée de Dieu conçue  par les philosophes (qu’il s’agisse des Idées archétypales de Platon, de la Cause première d’Aristote ou de l’Un de Plotin) dont la réalité est fondée par nécessité, et le Dieu de la religion, Créateur du monde et Providence ?

 

Il y a dans la Kabbale le souci d’élever Dieu au-dessus de tout ce qui pourrait le rabaisser à un niveau trop humain, mais aussi de ne pas oublier Dieu tel qu’il se manifeste et agit parmi les hommes. C’est à cette double exigence que répond la distinction entre :

. En Sof ou Ain Sof (le Sans Fin), transcendance absolue, cachée et infinie,

. et les dix Sefirot (que l’on trouve dans le Sefer Yetsira) qui décrivent la divinité en tant qu’elle entre en relation avec les créatures.

 

La nature des dix Sefirot est comprise avec de nombreuses variantes selon les kabbalistes :

. dix puissances de l’émanation ou de la manifestation du divin

. elles forment l’essence du divin ou seulement des instruments de l’activité divine

. elles correspondent aux différents noms divins (cf schéma)

. une totalité où s’exprime l’unité divine sous une forme dynamique. Il existe une sorte d’émanation continue car l’influx divin doit sans cesse se déverser dans le monde pour maintenir les êtres dans l’existence.

. un degré dans la grande échelle qui relie la terre aux cieux (schéma cosmogonique). L’homme occupe dans l’univers manifesté (Malkut) une place privilégiée parce que son âme est d’origine divine, et possède 3 parties : Nefesh, au niveau inférieur, est le principe de la vitalité, au milieu le ruah présuppose un effort de la part de l’homme, et le niveau le plus élevé, le neshama ou âme supérieure, n’est acquis qu’à la condition que l’homme s’occupe de la Torah et mette en œuvre ses préceptes.

 

Le mouvement kabbaliste de 1150 à 1492

On peut comprendre l’histoire de la Kabbale à partir du milieu du XIIème siècle jusqu’à la fin du XVème siècle en discernant 4 moments successifs :

 

. la Kabbale de Provence et du Languedoc

. les kabbalistes de Catalogne et de Castille

. Le Zohar et son époque

. La Kabbale entre le XIVème et le XVème siècle : période féconde pour la Kabbale en Espagne

 

La Kabbale de Provence et du Languedoc

On la trouve dans les villes de Montpellier, Posquières, Béziers, Carcassonne, Arles, Cavaillon, Carpentras, Saint Rémy de Provence.

 

Une compilation de textes effectuée en Provence entre 1150 et 1200, le Sefer ha-Bahir, le « Livre de l’éclat » ou « Livre de la Clarté » est le premier document que nous ayons de cette période.

 

Ce texte se présente comme un midrash (interprétation) sous forme de sentences ou d’exposés sur des versets de l’Ecriture attribués aux anciens rabbins.

 

Il reprend des éléments du Sefer Yetsira mais ce qu’il y a de nouveau, c’est la présence de thèmes et d’images que l’on trouve aussi dans la gnose chrétienne, ou en tout cas des thèmes  et des images très proches.

 

Le Dieu dont nous parle le Bahir est représenté par des forces cosmiques, articulées les unes aux autres dans l’arbre cosmique des mondes d’où procèdent les âmes et auquel tout être fait retour. Les Sefirot du Sefer Yetsira se métamorphosent en éons, lumières, puissances, hypostases ou formes saintes dont chacune remplit une fonction particulière dans la création.

 

Les rapports entre gnose chrétienne, gnosticisme et judaïsme sont très complexes. Voir Scholem et Que sais-je ? page 30-32. Donc une influence réciproque ….

 

L’arbre représente la totalité des sept forces agissant dans la création dont la racine est la troisième entité, Binah. Cet arbre est aussi l’arbre des âmes, et le Bahir affirme que lorsque les hommes sont méritants, Dieu fait produire à l’arbre de nouvelles âmes des justes.

 

Le terme de Sefirot n’est pas mis en rapport seulement avec sofer, compter, mais avec sappir, le saphir. Les Sefirot apparaissent comme reflétant l’éclat de la divinité. La clarté des cieux vient manifester la Gloire du divin. Trône de Dieu comme un saphir : rappel du livre d’Ezéchiel et de la Merkabah, l’ancienne mystique juive des premiers siècles.

 

Le Bahir fait aussi la distinction entre les trois Sefirot supérieures et les sept inférieures. Les sept Sefirot inférieures sont identifiées avec les 7 jours de la semaine primordiale.  Distinction aussi entre l’homme d’en bas (7) et l’homme Primordial (3).

 

L’union du masculin et du féminin est un autre thème essentiel. C’est le préalable à l’existence de tous les mondes, ainsi que la condition de la rédemption, ce qui permet de comprendre comment ce thème a été traité par la Kabbale contre le dualisme de certains gnostiques chrétiens.

 

La figure centrale de la Kabbale de Provence et du Languedoc est Isaac l’Aveugle (1165-1235). C’est un kabbaliste dont le texte le plus important en notre possession est son commentaire sur le Sefer Yestsira.

 

C’est une mystique contemplative où  les thèmes légués par le Bahir se trouvent intégrés dans une pensée néo-platonicienne.

Trois domaines au sein de la divinité : En Sof, la pensée et la parole.

 

C’est avec Isaac l’Aveugle qu’apparaît pour la première fois dans l’histoire de la mystique juive ce terme En Sof qui désigne cette zone du divin située au-delà de toute contemplation pensante, voire au-delà de la Pensée divine elle-même, et qui deviendra après Isaac, pour tous les kabbalistes, le terme par excellence pour désigner la déité cachée et inconnue.

 

L’En Sof, le Sans-fin, est de l’ordre de l’ineffable.


L’ensemble des êtres forme un enchaînement continu où toutes les réalités se trouvent liées les unes aux autres. Ce qui était uni en haut devient multiple en bas. Et puisqu’il n’y a pas de séparation réelle entre les choses, le mystique pourra toujours remonter du multiple vers l’Un, dont Isaac dit : « Il est uni à tout et tout est uni à Lui ».

 

Les kabbalistes de Catalogne et de Castille

Née en Provence et dans le Languedoc, la Kabbale se transporte très rapidement en Espagne. Les mêmes dialectes sont parlés des deux côtés des Pyrénées. Les juifs catalans, par exemple, fréquentaient les écoles prestigieuses de Narbonne et de Lunel.

 

A partir de 1200, les savants catalans, formés dans le sud de la France, diffusent la Kabbale dans toute l’Espagne, et à partir de la ville de Gérone.

 

Abraham Abulafia (1240-1292), né à Saragosse, est la plus grande figure de la Kabbale visionnaire et prophétique. Il enseigne une technique méditative à l’aspect initiatique et symbolique, qui fait appel également à des techniques corporelles, proches du Yoga. Condamné à mort par le pape Nicolas III, il doit d’avoir la vie sauve à la mort du pape !

 

 

Le Zohar

 

La Kabbale s’enrichit au XIIIème siècle de ce qui restera son livre capital, le Sepher ha Zohar, ou Livre de la Splendeur, apparu en Espagne à la fin du XIIIème siècle. Son auteur, aujourd’hui reconnu comme tel, est Moïse de Léon (1240-1305), qui vécut la plus grande partie de sa vie dans la ville de Guadalajara, en Castille. Il s’intéressa à la philosophie de Maïmonide puis écrit de nombreux exposés de la Kabbale, et notamment sur la doctrine des sefirot.

 

Histoire du Zohar : De 1293 à 1305, sont mises en circulation des copies de la partie principale du Zohar, lequel est présenté comme une œuvre authentique recueillie par les disciples de Simon bar Yohaï ; rabbin éminent du IIème siècle. Moïse de Léon meurt en 1305, et sa veuve et sa fille nient l’existence d’un tel original. Elles déclarent que Moïse de Léon a placé le Zohar sous l’autorité de Simon bar Yohaï pour permettre une diffusion de l’œuvre que celle-ci n’aurait pas atteint sous sa propre signature.

 

Le Zohar comprend 5 volumes dont 3 constituent le Zohar proprement dit. Deux volumes supplémentaires s’y ajoutent :

 

. Les compléments du Zohar qui comporte 70 exégèses différentes du premier mot de la Genèse Bereshit

. le Nouveau Zohar, compilation de fragments publiée au XVIème siècle.

 

Tous les textes du Zohar se présentent comme des commentaires de l’Ecriture, dans le style du midrash (interprétation) rabbinique. Plusieurs couches à l’intérieur du corpus :

 

. des textes qui portent sur la Genèse, où l’hébreu est utilisé autant que l’araméen. De nombreuses allégories sur des sujets cosmiques et eschatologiques.

 

. Dans le corps du Zohar proprement dit, la figure dominante est celle de Simon bar Yohaï ; la langue est presque exclusivement l’araméen et l’on y dévoile les mystères de la Kabbale ésotérique. Sont commentés les autres livres de la Torah (Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome), le Cantique des Cantiques, le Livre de Ruth, les Lamentations.

 

Aujourd’hui, il semble bien que Moïse de Léon soit bien l’auteur de la majeure partie du Zohar.

Il aurait recouru à cette autorité de Simon bar Yohaï pour s’opposer à la diffusion du rationalisme qui s’était répandu parmi les intellectuels juifs de l’époque dont certains avaient rompu avec la tradition et l’observance des prescriptions religieuses. Il aurait estimé qu’une interprétation mystique lui fournirait l’arme adéquate pour répandre ses idées.

 

Quoi qu’il en soit, le Zohar a largement dépassé le public escompté et il figure dans le judaïsme aux côtés de la Bible et du Talmud, et qu’il est aussi un des chefs d’œuvre de la littérature ésotérique universelle.

Citation de Gershom Scholem – Le Zohar

 

« Le Zohar, qui est de loin l’ouvrage le plus important de la littérature de la Kabbale, est un livre silencieux et jusqu’à un certain point inaccessible, ainsi qu’il sied à une œuvre de secrète sagesse. A cause de cela, ou malgré cela, parmi les grands textes de pareille nature datant de la même période médiévale et qui peuvent pourtant nous sembler aujourd’hui beaucoup plus limpides et plus proches, aucun n’a exercé une influence comparable ni touché une aussi vaste audience. Aucune œuvre issue du même patrimoine culturel n’a aussi profondément déterminé la formation et l’épanouissement, pendant une longue période, de la pensée et de la foi dans de très larges milieux juifs. Aucune autre non plus n’a été reconnue, trois siècles durant, de 1500 à 1800 environ, comme une source de doctrine et de révélation, jouissant d’une autorité égale à celle de la Bible ou du Talmud, et de même rang canonique. Il est vrai, en revanche, que le « Livre du Rayonnement » ou comme on l’appelle le plus souvent en français, le Livre de la Splendeur, ne s’es pas imposé d’emblée. Le Guide des Egarés de Maïmonide – dont le Zohar constitue l’antithèse presque point par point – avait, au contraire, dès sa publication au XIIème siècle, troublé les esprits, provoquant l’enthousiasme ou la consternation. Deux siècles plus tard, cette influence devait commencer à décliner, jusqu’à disparaître à peu près complètement de la conscience populaire. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIème siècle que les « Juifs éclairés » le remirent en honneur. Il en alla tout autrement du Zohar qui, longtemps, demeura méconnu. Pendant plus d’un siècle, il ne suscita pratiquement aucun intérêt. C’est lentement mais sûrement que l’influence du Zohar s’accrut. Lorsque les groupes qui l’avaient adopté se révélèrent, au milieu des orages de l’histoire juive, porteurs d’un nouveau comportement religieux qui ne devait guère tarder à détrôner l’ancien, le Zohar prit la dimension historique d’un texte sacré et vint compléter, à un autre degré de conscience, la Bible et le Talmud. Ce caractère inspiré lui a été attribué, jusqu’à nos jours, par de nombreux cercles juifs d’Europe de l’Est et d’Orient. Plus tard, au Siècle des Lumières et du rationalisme triomphant, on l’a accusé d’être le « livre des mensonges », qui aurait obscurci la pure lumière du judaïsme. »  pages 9-11

Le texte du Zohar est poétique et symbolique. Il traite de sujets aussi variés que la métaphysique du monde intermédiaire, les anges et les lettres, les attributs divins ou "séfirot", la sémantique, la physiognomonie, la morale ou l'éthique.

Le texte peut paraître déroutant pour un lecteur non initié ou non averti. Il est truffé d'oxymores, soit pour cacher une idée, soit pour obliger le lecteur à réfléchir par lui-même. Il contient également des anecdotes, des jeux de mots et des réflexions inattendues.

 


Le sens caché de la Torah : L’habit, le corps et l’âme

Citation Le Zohar

Il y aurait même 4 niveaux : le vêtement (le récit), le corps (les lois et préceptes), l’âme (le sens et l’enjeu) et « l’âme de l’âme » (le secret final) pour les Sages véritables.

Cette distinction est peut-être une reprise des 3 niveaux d’interprétation d’Origène, en relation avec le corps, l’âme et l’esprit.

 

Le sens spirituel du baiser

Cantique des cantiques Citation Le Zohar –


Cette partie du Zohar développe le thème de l’amour et de la rencontre selon diverses variations qui vont de l’humain au divin. Il se présente comme un dialogue entre rabbi Siméon ben Yohaï et le prophète Élie.

Le Zohar propose une étude contemplative de la Torah, basée sur une interprétation symbolique de la Torah. Le lecteur devient alors un réceptacle où peut se déverser l’influx divin. Il unit  les degrés les plus élevés des manifestations du divin à ses degrés les plus inférieurs. Il joue le rôle d’intercesseur, du « marieur » entre le monde divin et celui d’en bas. Il partage ce statut avec tous ceux qui sont en quête du sens ultime de la Torah.

Il se réfère à l’arbre de vie, alors que le savoir classique découle de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Une image domine ces textes, celle du déluge, métaphore de la corruption universelle. Le Zohar est alors identifié à une arche qui procure une connaissance salvatrice au milieu du chaos.

 

Le mouvement kabbaliste après 1492

 

L’expulsion de 1492 provoque une transformation de la nature et de la place de la Kabbale à l’intérieur du monde juif. Alors que la mystique et l’ésotérisme étaient jusque là le fait de groupes relativement restreints, les enseignements de la Kabbale vont dorénavant être diffusés dans un public de plus en plus étendu, notamment tout autour du Bassin méditerranéen (Turquie, Maghreb

 

C’est vers 1530 que la ville de Safed, au nord d’Israël, en haute Galilée, devient la capitale spirituelle du judaïsme et plus spécialement de la Kabbale. De très nombreux auteurs kabbalistes s’y retrouvent.

Se développe alors la « kabbale de Safed », appelée parfois lourianique, du nom de son fondateur, Isaac Louria Ashkenazi (1534-1572). Il va transmettre avec ses disciples une Kabbale ésotérique, qui constitue une « nouvelle » Kabbale par rapport à ce qui existait antérieurement.

 

Cette kabbale, d’une extrême complexité,  s’articule autour de 3 thèmes essentiels :

 

. Le Tsimtsum :

Dieu, qui occupe l’espace virtuel précédent la création, s’auto-contracte pour libérer un espace au sein duquel le monde créé va prendre place. Le Tsimtsum a pour effet de manifester la rigueur divine qui était jusqu’alors noyée dans l’océan infini de sa miséricorde. Cet acte d’autolimitation du divin est suivi par le retour du divin dans l’espace des mondes sous la forme d’un rayon de lumière.

Une des premières formes qui remplit tout l’espace des mondes est désignée comme l’Adam Qadmon, l’homme primordial. Il sert de médiation entre En Sof dont la lumière pénètre en lui et la hiérarchie des mondes qui suit. Les lumières des Sefirot éclatent par ses yeux, ses oreilles, son nez et sa bouche. La lumière est accueillie par des réceptacles, des vases.

 

. Le bris des vases :

Les trois premiers vases accueillent les trois premières Sefirot. Mais la lumière des 7 autres jaillit d’un seul coup et les vases destinés à la recueillir se brisèrent. Sous l’effet de ce bris, la plus grande partie de la lumière remonte vers sa source, alors que quelques étincelles de lumière plongent dans l’abîme, et vont donner la matière grossière. Plusieurs interprétations sont données de ce bris des vases : catastrophe cosmique ou nécessité ? Si nécessité, c’est la mission assignée aux croyants, notamment à travers la prière, de remonter ces étincelles vers leurs régions supérieures d’origine.

 

. Le Tiqqun ou la réparation/ restauration du monde cassé :

C’est la restauration de l’harmonie cosmique antérieure. Etablir une communication de chaque créature avec le divin que plus rien ne pourra interrompre. La restauration de l’unité divine, la restauration de l’harmonie se produira dans l’avenir, mais aussi chaque fois que le kabbaliste prie conformément à une prière dont le centre est la prononciation du tétragramme YHWH. Fêlure et la réparation du monde divin par les kabbalistes est la condition de l’avènement de la fin des temps. Cette fêlure (le mal) peut apparaître à des niveaux élevés des Séfirot, donc au sein même du divin.

 

Le processus du Tiqqun correspond sur la terre au processus de l’histoire terrestre. Israël dans le monde a comme fonction de rassembler toutes les parcelles de lumière qui ont été dispersées. La venue du Messie signalera l’achèvement de ce processus entamé depuis les origines. La rédemption d’Israël coïncide avec celle du monde entier, de même que son exil n’est que la manifestation visible de l’exil de tous les êtres, à commencer par celle du divin au moment des bris du vase, et déjà lors du Tsimtsum originel.

 

Cette kabbale enseigne aussi la transmigration des âmes, qui donne à l’homme la possibilité de se libérer. La transmigration, comme l’exil, ne sont donc pas des sanctions mais plutôt une mission donnée au kabbaliste partout où il se trouve de rassembler les parcelles de lumière dispersées parmi toute l’humanité.

 

La Kabbale à l'époque moderne

La Kabbale lourianique répondit si bien aux aspirations du peuple juif qu’elle devint pratiquement à partir de 1630 la théologie du judaïsme tout entier. Mais son contenu messianique allait entrainer des conséquences :

 

. la naissance et le développement du mouvement messianique de Sabbataï Zewi au XVIIème siècle, qui, après sa conversion à l’Islam en 1666, se constitua comme un groupe dissident au sein du judaïsme ;

 

. un autre mouvement populaire s’inspire en partie de la Kabbale lourianique, c’est le hassidisme polonais et ukrainien des XVIIIème et XIXème siècles ;

 

. une réaction qui prit le hassidisme pour une de ses cibles principales : le mouvement de la Haskala ou des Lumières,  est à l’origine de la « Science du Judaïsme » ; tout au long du XIXème siècle, sous l’influence du rationalisme ambiant, ce courant s’intéresse à la philosophie juive médiévale. Des polémiques anti-kabbalistiques se développent.

 

. Gershom Scholem (1897-1982) reconnaît dans la Kabbale une expression vitale de l’existence juive. Il entreprend à partir de 1925 l’étude de la naissance, du développement et du contenu de la mystique juive dans un esprit scientifique. Il fonde ainsi l’étude historico-critique de la Kabbale. Bien sûr, certaines vues de Scholem ont été remises en question par les progrès de la recherche (les manuscrits de la Mer morte), mais ses travaux restent le point de départ obligé de tout travail sérieux dans le domaine de la mystique juive.

 

. Après la Shoah, un renouveau d’intérêt pour la mystique juive s’est manifesté dans de larges couches du peuple juif. Ceci explique la réédition, dans les 50 dernières années, de la plupart des textes fondateurs et leur traduction dans les langues européennes.

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir et à approfondir dans ce domaine.