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Le symbolisme de l'arbre

par Brigitte Boudon

 

Le symbolisme de l'arbre est immense : arbres sacrés, symboles, mythes et rites végétaux ….

En effet, on rencontre des arbres sacrés, des rites et des symboles végétaux dans l’histoire de toute religion, dans les traditions populaires du monde entier, dans les métaphysiques et les mystiques archaïques….

Que révèle l’arbre ? Que signifie-t-il ?

Ce sujet touche les domaines cosmologique, mythique, théologique, rituel, iconographique, folklorique ….

 

Afin de ne pas se perdre dans ce labyrinthe, je vous propose une classification :

 

1. l’arbre, image du Cosmos

2. l’arbre de Vie, de la fécondité inépuisable, source de l’immortalité

3. l’arbre, centre du monde et support de l’univers

4. l’arbre de la connaissance

5. l’arbre du temps, l’arbre généalogique

6. l’arbre, lieu de théophanie et d’éveil

7. l’arbre des origines ou arbre renversé

 

De manière générale, l’arbre représente le Cosmos vivant, se régénérant sans cesse. Il est bénéfique car il est source de fécondité physique, de protection psychologique et d’éveil spirituel.

 

Les nombreuses interprétations symboliques de l’arbre s’articulent autour de l’idée du Cosmos vivant en perpétuelle régénérescence. Le déroulement de son cycle annuel l’associe tout naturellement à la succession de la vie, de la mort et de la résurrection. L’arbre est symbole de la vie en perpétuelle évolution.

 

Selon Mircea Eliade, il ne s’agit pas d’un sentiment panthéiste de sympathie et d’adoration à l’égard de la nature, mais d’un sentiment provoqué par la présence du symbole et stimulé par la réalisation du rite. Jamais un arbre n’est adoré que pour lui-même, mais toujours pour ce qui se révèle à travers lui. C’est en vertu de sa puissance, en vertu de ce qu’il manifeste et qui le dépasse que l’arbre devient un objet religieux.

 

 

  1. 1. L’Arbre sacré des mondes archaïques, image du cosmos

L’arbre cosmique est souvent représenté sous la forme d’une essence particulièrement majestueuse :  le chêne des Celtes, le tilleul des Germains, le frêne des peuples scandinaves, l’olivier de l’orient islamique, le mélèze et le bouleau de Sibérie, le palmier-dattier mésopotamien, tous arbres remarquables par leur longévité et leurs dimensions.

 

"Je me souviens des géants nés à l’aurore des temps,

De ceux qui jadis m’ont donné naissance.

Je connais neuf mondes, neuf domaines couverts par l’arbre du monde,

Cet arbre sagement  édifié qui plonge jusqu’au sein de la terre…

Je sais qu’il existe un frêne qu’on appelle Yggdrasil

La cime de l’arbre est baignée dans de blanches vapeurs d’eau,

De là découlent des gouttes de rosée qui tombent dans la vallée.
Il se dresse éternellement vert au-dessus de la fontaine d’Urd."

Extrait des poèmes mythologiques de l’Edda

Si l’arbre est chargé de forces sacrées, c’est qu’il est vertical, qu’il pousse, qu’il perd ses feuilles et les récupère, que par conséquent il se régénère. Simple contemplation de l’arbre, en tant que forme et modalité biologique.

Par sa simple présence (la puissance) et par sa loi propre d’évolution (la régénération), l’arbre répète ce qui, pour l’expérience archaïque, est le Cosmos tout entier.

Pour une conscience religieuse archaïque, l’arbre est l’Univers.

Le Cosmos est un arbre géant.

« Un arbre devient sacré, tout en continuant d’être arbre, en vertu de la puissance qu’il manifeste ; et s’il devient arbre cosmique, c’est que ce qu’il manifeste répète en tous points ce que manifeste le Cosmos ». Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions

 

Les lieux sacrés les plus primitifs sont souvent des forêts ou s’organisent autour du triptyque : arbre- autel-pierre.

Inde : enceintes dressées autour d’un arbre

Grèce : arbre cultuel à côté d’un rocher

Lieux d’offrande des Cananéens et des Hébreux : « sur toute colline élevée et sous tout arbre verdoyant ».

 

La pierre représente l’indestructible et la durée ; l’arbre, la puissance de la vie à travers son renouvellement.

Un paysage « microcosme » se réduit souvent à l’arbre ou pilier sacré (poteau).

L’arbre finit par exprimer, à lui tout seul, le Cosmos tout entier en incorporant la force de celui-ci.

 

2. l’Arbre de Vie, de fécondité et d’immortalité

L’arbre est souvent accompagné d’oiseaux, ou d’autres animaux qui l’entourent : chevaux, tigres… Il est alors lieu de vie, de fécondité, voire d’immortalité.

L’Arbre de Vie par excellence est Yggdrasil de la mythologie scandinave. C’est un frêne ou un chêne, selon les versions.

Ses racines plongent jusqu’au cœur de la terre, là où se trouve le royaume des géants et l’Enfer. Auprès de lui, se trouve la fontaine miraculeuse Mîmir (la méditation, le souvenir) où Odin a laissé un œil comme gage et où il retourne sans cesse, afin de rafraîchir et d’augmenter sa sagesse.

La chèvre, un aigle, un cerf et un écureuil se tiennent dans les branches d’Yggdrasil.

Un serpent se trouve à ses racines et livre un combat quotidien contre l’aigle.

Lorsqu’un cataclysme s’abattra sur le monde, Yggdrasil sera secoué fortement mais ne sera pas abattu.

 

En Egypte, l’Arbre de Vie est un arbre dont jaillissent les bras divins chargés de dons et versant avec un vase l’eau de la vie.

Dieux de la végétation : il y aura fusion entre les dieux qui apparaissent dans les arbres et dieux de la végétation. Symétrie, association, fusion … Les dieux de la végétation sont souvent représentés sous forme d’arbres : Attis et le sapin, Osiris et le cèdre, Artémis et le cèdre…

Chêne oraculaire sacré de Zeus à Dodone

Le laurier d’Apollon à Delphes

L’olivier sauvage d’Héraklès à Olympie ….

 

Présence de la Grande déesse à côté de l’arbre : grande fertilité cosmique

Egypte : la déesse Hathor placée dans un arbre céleste et donnant à l’âme du mort boisson et nourriture.

La Grande Déesse est la personnification de la source intarissable de création.

L’Egypte ancienne vénérait les sycomores où la déesse Hathor puisait une boisson et une nourriture qu’elle donnait aux morts, ou plus exactement à leurs âmes. Le dieu sumérien de la végétation Dummuzi ou Tammuz) était adoré comme arbre de la vie.

 

Arbre de Vie dans l’Eden hébraïque

« L’arbre de vie au milieu du jardin, avec l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait de l’Eden pour arroser le jardin, de là il se divisait et formait quatre bras.(Genèse II, 9-10).

 

Le mariage des arbres, pour la fertilité des couples.

Se frotter à l’écorce d’un arbre pour devenir fécond est un rite très archaïque que l’on touve dans de nombreuses traditions.

Au printemps, l’Arbre de Mai : au printemps, ou à la Saint Jean, on apporte un arbre de la forêt et on le place au milieu du village …

 

3. L’arbre, axe du monde

 

La vie et l’immortalité se trouvent dans un centre.

L’arbre, axe du monde, est celui autour duquel s’assemble le cosmos ; ainsi le frêne Yggdrasil chez les Germains du Nord ou encore l’arbre sacré Ceiba ou Yaxché des Mayas du Yucatan, qui pousse au centre du monde et porte les couches du Ciel. On trouve la même idée avec l’arbre Kien-mou des Chinois qui touche, par ses branches et ses racines, aux cieux et aux sources souterraines où se cache la mort.

 

L’Arbre est synonyme d’Axe du monde (en relation avec la croix).

Il met en communication les trois niveaux du cosmos : le souterrain, par ses racines plongeant dans les profondeurs de la terre, la surface de la terre, par son tronc et ses premières branches ; les hauteurs, par ses branches supérieures et sa cime, attirées par la lumière du ciel. Il relie ainsi le monde chtonien ou souterrain et le monde ouranien ou céleste.

 

Les quatre éléments se retrouvent en lui : l’eau circule dans sa sève, la terre s’intègre à son corps par ses racines, l’air nourrit ses feuilles et le feu jaillit de son frottement.

 

Exemple : dans le Chamanisme : le bouleau  (mât de Cocagne dans nos pays européens, danse des Voladores au Mexique).

 

Quand il monte au ciel, au cours de son voyage mystique, le chamane grimpe sur un arbre qui a 9 ou 7 échelons. Le plus souvent, il réalise cette ascension sur un poteau sacré, censé se trouver au centre du monde.

 

4. L’arbre de la connaissance

 

Au milieu du Paradis, se trouvent l’Arbre de Vie et l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal. Dieu interdit à Adam de goûter les fruits de ce dernier, « car le jour où tu en mangeras, dit-il, tu mourras certainement. »

Pourquoi Dieu ne mentionne-t-il pas l’Arbre de Vie ?

L’Arbre de Vie est caché et n’est accessible qu’à l’instant où Adam se serait approprié la connaissance du bien et du mal, cad la sagesse.

L’Arbre de Vie peut donner l’immortalité, mais il n’est pas facile de l’atteindre. Il est caché, comme l’herbe d’immortalité que Gilgamesh cherche au fond de l’océan.

Coexistence de 2 Arbres : Vie et Sagesse.

L’association de l’Arbre de Vie et de la manifestation divine se retrouve dans les traditions chrétiennes. Il existe une analogie entre l’arbre de la première alliance, l’arbre de vie de la Genèse et l’arbre de la croix u arbre de la Nouvelle Alliance, qui régénère l’homme.

 

Le Serpent peut être compris comme l’obstacle que rencontre l’homme dans sa recherche de l’immortalité.

 

5. L’arbre du temps, l’arbre généalogique

L’arbre est parfois mis en rapport avec l’ancêtre mythique, les hommes se considérant comme descendants d’un ancêtre né d’un arbre.

L’arbre-ancêtre deviendra l’arbre généalogique.

Citons le fameux arbre de Jessé qui symbolise la chaîne des générations dont la Bible résume l’histoire et qui culmine avec la venue du Christ.

 

6. L’arbre, lieu de théophanie et d’éveil

 

L’arbre est toujours ambivalent et il ne faut donc pas s’étonner de le trouver alternativement doté d’une essence féminine et masculine.

 

Au-delà de la division facile qui fait de son tronc un symbole du phallus et de son intérieur, ou des cavités qui s’y creusent, une image de la matrice, l’arbre était du genre féminin dans la langue latine avant d’évoluer et de devenir du genre masculin au Moyen Age dans les langues romanes qui ont succédé au latin.

 

C’est ainsi que l’arbre double, à la fois phallus et matrice, symbolise le processus d’individuation au cours duquel les contraires en nous s’unissent.

 

Pour les Bouddhistes, l’arbre de la Boddhi, à l’ombre duquel Gautama Bouddha reçut l’illumination est le symbole du grand Eveil.

 

L’arbre de lumière :

Le sapin de Nöel couronné par l’étoile, avec les boules qui représentent les planètes les bougies le chemin spiralé de lumière,

Le chandelier à 9 branches de Hanouccah dans la tradition juive.

 

7. L’arbre métaphysique ou arbre renversé

En Inde, dans les Upanishads, l’Univers est un arbre renversé, plongeant ses racines dans le Ciel et étendant ses branches au-dessus de la terre tout entière.

 

Rig Veda : « C’est vers le bas que se dirigent les branches, c’est en haut que se trouve sa racine, que ses rayons descendent sur nous ».

Katha-Upanishad : Cet Ashvatta éternel, dont les racines vont en haut et les branches en bas, c’est le pur, c’est le Brahman, c’est ce qu’on nomme la Non-mort. Tous les mondes reposent en lui. »

 

L’Ashvatta est une sorte de ficus géant.

L’arbre renversé représente la manifestation du Divin dans le Cosmos, c’est-à-dire la Création comme mouvement descendant.

Dans la Bhagavad-Gîta, l’arbre cosmique finit par exprimer la condition de l’homme dans le monde.

« On raconte qu’il est un Ashvatta impérissable, les racines en haut, les branches en bas, dont les hymnes du Véda sont les feuilles ; celui qui le connaît, celui-là connaît le Véda.

 

Couper l’arbre à sa racine : retirer l’homme du Cosmos, l’isoler des objets des sens, et des fruits de ses actions. Motif du détachement, de la retraite en soi-même et du recueillement, unique possibilité qu’a l’homme de se transcender et de se libérer.

 

L’Arbre renversé se retrouve aussi dans la doctrine ésotérique hébraïque :

« L’Arbre de Vie s’étend du haut vers le bas et le soleil l’éclaire entièrement. »

 

Dans la tradition islamique, l’Arbre du bonheur a ses racines qui plongent dans le dernier Ciel et dont les rameaux s’étendent au-dessus de la Terre.

 

Symbolique alchimique : L’arbre renversé indique dans ce cas l’origine céleste de l’homme et l’invite, en se libérant de ses attaches terrestres, à redécouvrir en lui, derrière le voile de l’illusion, ce ciel intérieur qui participe par essence du ciel divin lui-même.

 

Autre exemple magnifique : L’Arbre des Sephiroth de la Kabbale hébraïque

 

Conclusion

La végétation incarne la réalité qui se fait vie, qui crée sans se tarir, qui se régénère en se manifestant en formes sans nombres, sans s’épuiser jamais. Toucher un arbre pour devenir enceinte ou pour protéger un nouveau-né implique une certaine conception globale de la réalité et de la vie incorporée à la végétation, conception qui est impliquée également dans l’idéogramme de l’Arbre Cosmique ou dans les mythes de l’Arbre de Vie ; dans l’un comme dans l’autre, la Vie se manifeste à travers un symbole végétal.

 

Ce qu’on appelle cultes de la végétation est, par conséquent, plus complexe que la dénomination ne le laisse paraître. A travers la végétation, c’est la Vie tout entière, c’est la Nature qui se régénère par de multiples rythmes, qui est honorée, promue, sollicitée. Les forces végétatives sont une épiphanie de la vie cosmique.

 

 

Annexe : le symbolisme de quelques arbres

 

Le Chêne

Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le Chêne est investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu'il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le Chêne est synonyme de force et de solidité. C'est du moins l'impression qu'il laisse quand il atteint sa maturité. Ne soyons donc pas étonnés d'apprendre que les termes "chêne" et "force" se traduisent en latin par le même mot: robur, symbolisant autant la force morale que physique.

C'est auprès d'un Chêne qu'Abraham reçut les révélations de Yahvé. Son rôle axial en faisait un instrument de communication entre le Ciel et la Terre. D'après Pline l'Ancien, lequel s'appuie sur l'analogie du grec (drûs), le nom des druides est en relation ethymologique avec le nom de Chêne, d'où la traduction hommes de Chêne.

Adoré par les Celtes, le Chêne représentait pour eux l'emblême de l'hospitalité et l'équivalent d'un temple. Ils croyaient ces arbres habités par des nymphes, d'où la création de mesures sévères pour condamner ceux qui les abattaient sans nécessité. Un abattage autorisé conduisait vers des rituels religieux pour permettre aux nymphes de se retirer de l'arbre avant sa chute, afin d'éviter leur vengeance.

L'Acacia

On dit que l'arche d'alliance était en bois d'Acacia plaqué d'or, et que la couronne d'épines du Christ provenait de ce même arbre. Dans la pensée judéo-chrétienne, cet arbuste au bois dur et presque imputrescible, aux épines redoutables et aux fleurs arborant les couleurs du lait et du sang, est un symbole de renaissance et d'immortalité.

Le Peuplier

Cet arbre propre à l'hémisphère boréal tire son nom du mot latin Populus et de l'ancien français Poplier, deux termes qui signifient Peuple. La légende dit que c'est l'Arbre du peuple puisque ce serait sous des Peupliers que celui-ci prenait autrefois des décisions importantes.

L'Aubépine

On accordait à cet arbre des pouvoirs permettant de détourner la foudre, de conserver la viande, d'empêcher de faire tourner le lait et d'éloigner les serpents; d'où des plantations fréquentes d'Aubépines à proximité des granges et des étables.

Le Saule

Une croix faite avec deux rameaux de Saule, que l'on jetait dans l'eau d'une source sacrée, permettait de connaître l'imminence ou non de sa mort. Une croix flottante annonçait une mort certaine dans les mois suivants. Celle-ci était cependant éloignée si la croix coulait; plus éloignée encore si elle atteignait rapidement le fond de l'eau. Le phénomène apparaît toutefois contradictoire quant à la mort associée à la flottaison plutôt qu'à la disparition de la croix.

L'Amandier

Signe de la renaissance de la nature, cet arbre à la feuillaison printanière est aussi un symbole de fragilité car ses fleurs, ouvertes dès l'arrivée du printemps, sont sensibles au gel tardif. Chez les grecs, l'amande pressée était comparée à la semence de Zeus, en tant que puissance créatrice. On affirme même que l'Amandier remonte directement à ce Dieu et que son fruit peut féconder une vierge indépendamment de l'union sexuelle. Selon une croyance qui tient encore en Europe, la jeune fille qui s'endort sous un Amandier en rêvant à son fiancé, peut soudainement se réveiller enceinte.

Le Bouleau

La littérature est peu bavarde sur la symbolique du Bouleau. Pourtant, les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n'hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux de l'autre monde.

On peut également s'interroger sur les raisons inconscientes qui font autant apprécier le Bouleau comme arbre d'ornement, une essence qui, pourtant, ne possède pas une grande espérance de vie et qui, mis à part sa beauté esthétique, offre plus d'inconvénients que d'avantages en ornementation. S'agit-il de sa blancheur, un symbole de pureté, ou de l'extrême finesse de sa ramure qui rend cet arbre si attirant?

Le Cyprès

Cet arbre sacré chez de nombreux peuples, grâce à sa longévité et à sa verdure persistante, est également nommé "Arbre de vie", à l'instar du Thuya. Chez les Grecs et les Romains, le Cyprès est en rapport avec les divinités de l'enfer. Il est l'arbre des régions souterraines, d'où sa présence remarquée dans plusieurs cimetières du bassin de la Méditerranée.

Le Pommier

Le Pommier se trouve au centre de plusieurs croyances, dont celles de procurer la sagesse, d'améliorer les connaissances et d'acquérir l'immortalité. Son fruit est identifié depuis très longtemps comme un fortifiant et comme un remède préventif contre la maladie. À cet effet, souvenons-nous du vieux proverbe anglo-saxon: "An apple a day keeps the doctor away".

Le Sapin

On dit que le Sapin empêchait la foudre de tomber et conjurait les mauvais sorts. En Allemagne, on flagellait autrefois les femmes durant le mardi gras, avec des branches de cet arbre, dans le but de leur permettre d'avoir des enfants.

L'Olivier

La richesse symbolique de cet arbre est abondante: récompense, purification, force, paix, victoire, fécondité. Consacré à la Déesse grecque Athéna, l'Olivier l'était également au Dieu romain Jupiter. Comme symbole de paix, il faut se rappeler que vers la fin du déluge, une colombe rapporta une branche d'Olivier vers l'arche de Noé. Selon une vieille légende, la croix du Christ était fabriquée de Cèdre et d'Olivier. Dans le langage du Moyen-âge, cet arbre symbolisait l'or et l'amour.

Le Frène

À l'instar du Chêne, le Frêne est un symbole de solidité puissante. On en faisait des hampes de lances. Dans les traditions scandinaves, cet arbre symbolise l'immortalité et sert de lien entre les trois niveaux du cosmos. Dans les anciens pays baltes, l'homme étourdi et un peu niais est qualifié de frène car il est considéré comme aveugle. En effet, ne sachant pas quand vient le printemps, il reste longtemps dénudé. Tandis qu'à l'automne, craignant de paraître ridicule à nouveau, il est le premier à se dépouiller rapidement de toutes ses feuilles.

Dans l'Europe nordique, le Frêne est le symbole de la fécondité. Le Frêne taslent est perçu comme l'arbre de la féminité car c'est dans sa ramure qu'une femme peut suspendre certaines amulettes qui font battre le cœur de l'homme qu'elle désire.

L'Orme

Cet arbre a toujours détenu des pouvoirs surnaturels. Dans la France du Moyen-âge, il était appelé "l'arbre de la justice" parce que c'était sous sa canopée que les seigneurs et les juges rendaient leurs jugements. On savait l'Orme capable de guérir diverses maladies cutanées, dont la lèpre. Les guérisseurs enlevaient des morceaux d'écorce d'Orme pour concocter des remèdes contre le rhumatisme. On attribue à trois Ormes plusieurs fois centenaires et situés dans le département de la Somme, le pouvoir d'avoir détourné la peste d'un village de cette région de la France, alors que des villages voisins étaient sévèrement touchés par le terrible fléau.