L'univers, hasard ou nécessité ?

par Trinh Xuan Thuan, astrophysicien, professeur à l'Université de Virginie

 

L’univers est-il le fruit du hasard ou de la nécessité ? Une question que se posent les philosophes et les scientifiques. Y-a-t-il eu un réglage très précis dès le début ou un coup de dés fortuit dont la combinaison gagnante a permis l’apparition de l’homme dans cet univers ?

 

Pendant longtemps, l’homme pensait que tous les phénomènes célestes dans l’univers étaient la conséquence de l’action des dieux, de leurs amours et accouplements, de leurs haines et guerres. Au VIe siècle avant J.-C., en Grèce, un groupe de penseurs extraordinaires eurent l’intuition que l’homme pouvait concevoir les lois de l’univers par le pouvoir de sa raison et qu’il ne devait pas s’abandonner aveuglément à l’action des dieux. Ainsi, les Grecs se penchèrent sur toutes sortes de phénomènes, de l’infiniment petit avec Démocrite (1), à l’infiniment grand, et en particulier sur le système solaire.

 

Du géocentrisme à l'héliocentrisme

 

L’homme, en contemplant les trajectoires des objets célestes d’est en ouest, pensait que la Terre trônait immobile au centre du monde et que tout tournait autour d’elle : c’était l’univers géocentrique de Platon et d’Aristote, perfectionné plus tard par l’astronome Ptolémée (2) et qui fut accepté sans réserve jusqu’au XVIe siècle.

Au Moyen-Âge, l’Église introduisit des éléments chrétiens dans l’univers géocentrique en affirmant que Dieu veillait aux affaires de l’univers, assisté d’une cohorte d’anges. Ceux-ci, en véritables mécaniciens célestes, poussaient les sphères cristallines sur lesquelles étaient incrustées les planètes afin de les faire tourner.

À la Renaissance, en 1543, Nicolas Copernic (3), remit en cause la théorie géocentrique en mettant le Soleil au centre du monde. L’héliocentrisme succéda ainsi au géocentrisme. La Terre devenait une simple planète, au même titre que les autres, et toutes tournaient autour du Soleil. En 1609, Galilée fut le premier à braquer un télescope, inventé par un opticien néerlandais, vers le ciel. Il découvrit les taches solaires, les phases de Vénus (que l’on peut expliquer uniquement si Venus tourne autour du Soleil et non pas autour de la Terre) et les quatre plus gros satellites de Jupiter (qui tournaient donc autour de la planète géante et non autour de la Terre). Ces découvertes l’amenèrent à clamer haut et fort son support pour la théorie de l’héliocentrisme. C’en était trop pour l’Église qui le traduisit devant l’Inquisition et l’obligea à se rétracter publiquement, sous peine d’être brûlé sur le bûcher (comme Giordano Bruno (4) en 1600). Cet épisode acheva le divorce entre la science et l’Église. L’Église n’avait pas à dire à Galilée ce qu’il devait trouver : elle pouvait expliquer «comment on va au ciel, mais pas comment va le ciel.» Depuis, le fantôme de Copernic n’a pas cessé de nous hanter, surtout avec les instruments modernes pour scruter l’univers.

 

La lumière, communication entre l'homme et le cosmos

 

La nature nous a donné la lumière comme lien de communication entre l’homme et le cosmos. Elle porte en elle un code cosmique et c’est à l’astrophysicien qu’incombe le travail de décoder ce code pour essayer de découvrir les secrets de l’univers.

Bien que possédant la vitesse la plus grande possible dans l’univers (300.000 km par seconde), cette lumière se déplace au sein de celui-ci à la vitesse d’une tortue ! Aussi, nous voyons l’univers avec toujours un peu de retard : la lumière de la Lune, à 384.000 km de la Terre, nous parvient un peu plus d’une seconde après, celle du Soleil huit minutes après, celle de l’étoile la plus proche quatre années après, celle de la galaxie Andromède, la galaxie la plus proche semblable à la Voie lactée, 2.300.000 années après et ainsi de suite…

Pour étudier cette lumière cosmique qui nous apprend tant sur l’univers, les télescopes modernes sont devenus de gigantesques yeux tournés vers le ciel (le plus gros en construction est de 30 mètres de diamètre). Ce sont de véritables machines à remonter le temps qui nous permettent de recueillir cette lumière qui nous vient des temps immémoriaux… Ainsi, en voyant plus faible, donc plus loin, et par conséquence plus tôt, l’astrophysicien reconstitue l’histoire cosmique qui a commencé il y a 13,7 milliards d’années dans une formidable déflagration de l’espace, appelée Big Bang.

Les télescopes au sol recueillent deux types de lumière qui peuvent traverser l’atmosphère terrestre : la lumière optique (celle du Soleil par exemple) et la lumière radio (celle que pourrait émettre un extraterrestre, par exemple, s’il voulait communiquer avec l’homme).

Il y a d’autres formes de lumière, des rayons extrêmement énergétiques (rayons gamma, rayons X, rayons ultraviolet…) qui sont heureusement bloqués par l’atmosphère terrestre, sans quoi la vie sur Terre serait impossible. Pour étudier ces formes de lumière, l’homme a envoyé des télescopes au-dessus de l’atmosphère terrestre. Hubble en est l’exemple le plus célèbre.

 

Un espace qui repousse sans cesse ses limites

 

Pendant plus de vingt siècles, nous pensions que la Terre était au centre de l’univers. Après Copernic, ce fut au Soleil d’occuper cette place centrale. Depuis, le fantôme de Copernic n’a cessé d’exercer son action. Aujourd’hui, nous savons que le Soleil n’est plus qu’une simple étoile de banlieue parmi les cents milliards d’étoiles de la Voie lactée, dont le diamètre est de 100.000 années-lumière (5).

L’espace s’agrandissait de plus en plus. Mais cela n’était pas fini. Au début du XXe siècle, les télescopes modernes ont révélé la présence d’objets diffus, appelés «nébuleuses». Le débat rageait : est-ce que ces nébuleuses étaient contenues dans la Voie lactée ? Dans ce cas, l’univers entier était contenu dans la Voie lactée. Ou étaient-elles bien au-delà, auquel cas l’univers était considérablement plus grand ? En 1923, l’astrophysicien Edwin Hubble (dont le télescope spatial porte le nom) mesura la distance de la nébuleuse Andromède. Il obtint une distance de plus de 2 millions d’années-lumière, beaucoup plus grande que les 100.000 années-lumière de la Voie lactée ! Il démontra ainsi l’existence de systèmes extragalactiques qui existaient bien au-delà de notre galaxie. Maintenant nous savons que notre galaxie n’est qu’une parmi les centaines de milliards de galaxies qui peuplent l’univers. Parmi elles, il existe des galaxies spirales. D’autres sont des galaxies elliptiques et d’autres encore sont de forme irrégulière. Où que l’on pointe un télescope dans le cosmos, il y a des galaxies. Elles se disposent en des murs de galaxies qui s’étendent sur des centaines de millions d’années-lumière et qui forment une immense tapisserie cosmique.  C’est un extraordinaire spectacle à contempler grâce aux yeux géants des télescopes. Ils nous donnent accès à un monde lointain et mystérieux, mais aussi d’une extrême beauté, qui nous remplit d’un immense sentiment de connexion cosmique.

 

Malgré les centaines de milliards de galaxies de l’univers observable, la matière lumineuse ne représente que 0,5 % du contenu de l’univers. Tout le reste (99,5%) de l’univers n’émet aucune sorte de lumière visible : nous vivons dans un univers-iceberg où la partie émergée ne représente qu’une très petite fraction du tout ! Le reste est composé de 4,5 % de matière noire ordinaire, de 24 % de matière noire exotique et 71 % d’énergie noire. C’est cette dernière qui est responsable de l’accélération de l’expansion de l’univers, découverte à la fin du XXe siècle. Pour l’instant, on ne connaît aucunement la nature ni de la matière noire exotique, ni de l’énergie noire, soit de 95% du contenu de l’univers. L’univers regorge de mystères et, privé de lumière, l’astronome est littéralement… dans le noir !

 

L'univers, du chaud au froid

 

Toute la physique de l’univers se décline selon deux théories : la théorie de l’infiniment grand, la relativité d’Einstein, qui décrit la force de gravitation et l’évolution de l’univers ; et la théorie de l’infiniment petit, la mécanique quantique, qui décrit les forces de l’électromagnétisme et du nucléaire et le comportement des atomes et des particules élémentaires. Ces deux théories, nées au début du XXe siècle, sont pour l’instant, distinctes. Pour comprendre l’origine de l’univers, il faudrait pouvoir unifier la force de gravité avec les trois autres forces, c'est-à-dire unifier la théorie de l’infiniment grand avec celle de l’infiniment petit pour avoir ce qu’on appelle une «théorie de gravité quantique». Mais pour l’instant, la science ne sait pas encore le faire.

 

L’histoire de l’univers est une constante ascension vers la complexité. L’univers est parti d’un vide rempli d’énergie, extrêmement petit, chaud et dense, il y a plus d’une dizaine de milliards d’années, dans une explosion fulgurante appelée Big-Bang. Nous pouvons décrire l’histoire de l’univers, non pas à partir du temps zéro, mais à partir du temps infinitésimalement petit de Planck (10-43 seconde) car la physique connue perd pied au-delà ce que l’on appelle «le mur de Planck (7)». À cause de son expansion, l’univers va sans cesse se refroidir et se diluer. L’énergie du vide se convertit en  matière, c’est-à-dire en quarks et électrons, les briques de la matière. Ensuite, les quarks s’assemblent trois par trois pour former protons et neutrons, puis ceux-ci s’assemblent en noyaux et atomes d’hydrogène et d’hélium. Les premières étoiles et galaxies se sont formées vers le premier milliard d’années, le système solaire est apparu il y a 4,5 milliards d’années, la  première cellule vivante a surgi sur Terre il y a 3,8 milliards d’années et enfin l’homme a fait son apparition il y a quelques millions d’années. Cette magnifique fresque cosmique longue de 13,7 milliards d’années a débouché sur l’être humain, capable de comprendre la beauté et l’harmonie de l’univers.

 

L'alchimie nucléaire des étoiles permet la complexité

 

Au bout des trois premières minutes de son histoire, l’univers était composé aux trois quarts d’atomes d’hydrogène et à un quart d’atomes d’hélium. Tous les autres éléments chimiques étaient absents dans le Big-Bang car la dilution de l’univers avait stoppé net les réactions nucléaires. Si l’univers s’était contenté d’arrêter sa progression à cette période, nous ne serions pas ici pour en parler. Il n’y aurait eu que des nuages d’hydrogène et d’hélium flottant dans l’Univers. Or, pour que la vie et la conscience apparaissent, la fabrication d’éléments chimiques plus complexes est nécessaire. L’univers inventa alors les étoiles. C’est l’alchimie nucléaire des étoiles qui est à l’origine de tous les éléments complexes plus lourds que l’hélium, par exemple le carbone dont notre corps est composé, ou l’oxygène que nous respirons. Ce sont ces éléments lourds qui sont à la base de la vie et de la conscience.

En même temps que la place de l’homme dans l’univers s’est considérablement rapetissée dans l’espace, elle s’est aussi considérablement rapetissée dans le temps : si l’on ramène l’histoire de l’univers à un calendrier annuel (8), en considérant que le Big-Bang s’est passé au 1er janvier, l’homme n’est apparu seulement qu’une heure et demie avant la fin de l’année, le 31 décembre.

 

La place de l'homme face à l'univers

 

Quelle attitude philosophique adopter devant un tel rapetissement ? L’homme est réduit à l’insignifiance face à l’immensité de l’espace. Ce fait plongea certains dans un profond désespoir. Au XVIIe siècle, Blaise Pascal (9) poussa déjà un immense cri d’angoisse : «Le silence éternel des espaces infinis m’effraie.»

Au XXe siècle, Jacques Monod (10), prix Nobel de médecine français, écrivit dans son livre Hasard et nécessité (1971): «L’homme est perdu dans l’immensité de l’univers d’où il a émergé par hasard.» En 1977, Steven Weinberg, prix Nobel de Physique, écrivit : «Plus on comprend l’univers, plus il nous apparaît dépourvu de sens.»

Je ne partage pas cette vue désespérante. Je suis plutôt d’avis que la cosmologie moderne a réenchanté le monde en redécouvrant l’ancienne alliance entre l’homme et le cosmos. En effet, l’existence de l’homme est inscrite dans chaque atome de l’univers : c’est ce qu’on appelle le «principe anthropique» (du grec anthropos, «homme»). Nous sommes tous des poussières d’étoiles. Nous partageons tous la même généalogie cosmique. Il a fallu que des étoiles se créent pour que l’homme fasse son apparition !

 

L'univers, hasard ou nécessité ?

 

Pour comprendre le principe anthropique, il faut savoir que toutes les propriétés de l’univers sont déterminées par une quinzaine de «constantes fondamentales», des nombres dans la nature telles la vitesse de la lumière, la charge et la masse de l’électron, celles du proton, la constante de Planck qui détermine la taille des atomes, etc. Il existe également des conditions initiales qui déterminent les propriétés de l’univers à sa naissance: son taux d’expansion initial, la quantité d’énergie ou de masse noire qu’il contient… Les astrophysiciens se sont aperçus qu’en variant un tant soit peu une constante ou une condition initiale dans les modèles d’univers, les étoiles ne se forment pas. Sans étoiles, il n’y aurait pas d’alchimie nucléaire et d’éléments lourds, et donc pas de vie ni de conscience dans l’univers. Celui-ci serait stérile et dépourvu d’observateur pour appréhender sa beauté et son harmonie ! La précision du réglage de certaines constantes fondamentales et de certaines conditions initiales est proprement époustouflante. Ainsi si l’on changeait la densité initiale de matière de l’univers seulement à la soixantième décimale, les étoiles ne se formeraient pas. Tout se joue en fonction d’un équilibre extrêmement délicat, d’une précision comparable à celle dont devrait faire preuve un archer pour planter une flèche dans une cible d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’univers ! Que penser devant ce réglage d’une précision à couper le souffle ? Est-il le fruit d’un hasard ou d’une nécessité ? Les deux réponses sont parfaitement possibles : la science ne peut pas nous aider à choisir entre les deux. Il nous faut parier, comme l’a fait Pascal.

 

Si nous pensons que l’univers est le fruit du hasard, il nous faut alors considérer l’hypothèse d’une multitude d’univers avec des constantes et des conditions initiales différentes d’un univers à l’autre. Pour expliquer la précision extraordinaire (1060) du réglage de la densité de l’univers, il nous faudrait postuler l’existence d’un «multivers»  de 1060 univers parallèles, possédant tous des combinaisons différentes de constantes fondamentales et de conditions initiales. Tous auraient une combinaison perdante, sauf le nôtre où, par le plus grand des hasards, la combinaison gagnante est sortie, et nous sommes là pour en parler. Les notions d’univers parallèles et de multivers ont surgi en cosmologie dans plusieurs contextes. Ainsi, selon la théorie dite de «l’inflation», qui dit que l’univers a traversé une phase d’expansion exponentielle à ses débuts, notre univers n’est qu’un parmi une infinité d’autres univers parallèles dans un méta-univers. La théorie dite des «branes» (11) (contraction de «membrane») dit que notre univers-brane n’est qu’un parmi un nombre extrêmement grand d’autres univers-branes parallèles.

 

En revanche, si nous pensons que l’univers est le fruit de la nécessité, il n’y aurait qu’un seul univers réglé par un principe créateur. Pour moi, ce principe n’est pas un dieu barbu personnifié, mais un principe panthéiste qui se manifeste dans les lois physiques de la nature, responsables de sa beauté et de son harmonie. Ce principe s’apparente à celui décrit par Baruch Spinoza (12) et Albert Einstein (13).

 

Je parie sur la nécessité. Et cela pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les univers parallèles ne pourront jamais être observés directement, l’existence d’un multivers ne pourra jamais être démontrée. Et sans vérification expérimentale, la physique a tôt fait de s’enliser dans la métaphysique. Ensuite, je souscris au rasoir d’Occam : pourquoi multiplier sans nécessité des entités invérifiables juste pour en avoir un qui soit doué de vie et de conscience ? Enfin, il est difficile pour moi de penser que la beauté, l’harmonie et l’unité de l’univers ne soient que le seul fait du hasard, et qu’il n’y a aucun sens à l’organisation du monde. L’univers est beau : il n’y a qu’à contempler les pétales d’une rose, les couchers de soleil, les pouponnières stellaires ou les galaxies…

L’univers est harmonieux : les lois physiques ne semblent varier ni dans l’espace ni dans le temps. La lumière qui nous arrive d’une lointaine galaxie a les mêmes propriétés que la lumière ici sur notre Terre. À mesure que la physique a progressé, elle a démontré que tout tend vers l’Un. Aristote (14) pensait que des lois physiques différentes régissaient le Ciel et la Terre. Au XVIIIe siècle, Isaac Newton (15) énonça que c’était la même gravitation universelle qui dictai le mouvement des planètes dans le Ciel et la chute d’une pomme sur Terre. Plus tard, James Clerk Maxwell (16) unifia l’électricité et l’électromagnétisme. Au XXe siècle, Albert Einstein unifia le temps et l’espace. Tous ces arguments font que je parie sur un univers nécessaire.

La cosmologie moderne a réenchanté le monde en démontrant que sommes tous les enfants des étoiles, que nous partageons tous la même généalogie cosmique. Même si, depuis Copernic, l’homme n’occupe plus le centre du monde, il a un rôle important à jouer : celui de donner un sens à l’univers en admirant sa beauté et son harmonie.

Comme Paul Claudel (17) l’a écrit : «Le silence éternel ne m’effraie plus, je m’y promène avec une confiance familière. Nous n’habitons pas dans un désert farouche et impraticable. Tout dans le monde est fraternel et familier.»

 

(1) Démocrite d’Abdère (460 av. J.-C. – 370 av. J.-C.) philosophe grec considéré comme un philosophe matérialiste en raison de sa conviction en un univers constitué d’atomes et de vide

(2) Claude Ptolémée, appelé Ptolémée (vers 90 - vers168), astronome, astrologue grec vivant à Alexandrie. L’un des précurseurs de la géographie et l’auteur de plusieurs traités scientifiques dont l’un en astronomie, qui ont exercé par la suite une très grande influence sur les sciences occidentales et orientales

(3) Chanoine, médecin et astronome polonais (1473-1543) qui a développé et défendu la théorie de l’héliocentrisme selon laquelle le soleil se trouve au centre de l’Univers. Les conséquences de cette théorie — dans le changement profond des points de vue scientifique, philosophique et religieux qu’elle imposa — sont baptisées révolution copernicienne

(4) Giordano Bruno (1548-1600), philosophe italien qui a développé la théorie de l’héliocentrisme et montra, de manière philosophique, la pertinence d’un univers infini, qui n’a pas de centre, peuplé d’une quantité innombrable de soleils et de mondes identiques au nôtre. Il fut accusé d’hérésie par l’Inquisition et brûlé vif

(5) Le Soleil est à environ 30.000 années-lumière du centre galactique, et il fait le tour de la Voie lactée tous les 250 millions d’années ; il a donc fait dix-huit fois le tour de la Voie lactée depuis sa naissance, il y a 4,5 milliards d’années

(7) Le mur de Planck ou l’ère de Planck désigne la période de l’histoire de l’univers au cours de laquelle les quatre interactions fondamentales (électromagnétisme, interaction faible, interaction forte et gravitation) étaient unifiées, c’est-à-dire qu’elles s’appliquaient en même temps, ce qui empêche de la décrire à l’aide de la relativité générale ou de la physique quantique, puisque ces théories sont incomplètes et ne sont valables que quand la gravitation et les effets quantiques peuvent être étudiés séparément. Nommé d’après le physicien allemand Max Planck (1858-1947), un des fondateurs de la théorie des quanta et de la mécanique quantique

(8) Voir encadré n°2

(9) Blaise Pascal (1623-1662), mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français

(10) Biochimiste français (1910-1976), prix Nobel de médecine, auteur du livre Le Hasard et la nécessité, Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, éditions du Seuil, 1970

(11) Dans la théorie des cordes, une brane ou p-brane est un objet étendu, dynamique, possédant une énergie sous forme de tension sur son volume d’univers, qui est une charge source pour certaines interactions de la même façon qu’une particule chargée, telle l’électron par exemple, est une source pour l’interaction électromagnétique. Dans le langage des branes, une particule chargée est appelée 0-brane

(12) Philosophe néerlandais (1632-1677) dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs

(13) Physicien théoricien helvético-américain (1879-1955), auteur de la théorie de la relativité et contribua au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie

(14) Philosophe grec (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) disciple de Platon à l’Académie, fondateur de sa propre école le lycée et précepteur d’Alexandre le Grand

(15) Philosophe, mathématicien, physicien, alchimiste, astronome, théologien anglais (1643-1727) auteur de la théorie de la gravitation universelle et des trois lois universelles du mouvement ou mécanique newtonienne

(16) Physicien et mathématicien écossais (1831-1879), principalement connu pour avoir unifié en un seul ensemble d’équations, l’électricité, le magnétisme, l’induction. Il a effectué des travaux sur la lumière et démontré l’existence de champs électriques et magnétiques

(17) Dramaturge, poète, essayiste et diplomate français (1868-1955)

 

 

Encadré n°2

Naissance de l’univers dans un calendrier annuel

 

Date

Période (en remontant le temps)

Évènement

1er janvier

13,7 milliards d’années

Big Bang. Formation de semences de galaxies

1er avril

12,5 milliards d’années

Formation de la Voie lacée

9 septembre

4,5 milliards d’années

Formation système solaire

25 septembre

3,8 milliards d’années

1ère cellule de vie

30 novembre

2 milliards d’années

Apparition des plus vieux fossiles (bactéries + algues bleues)

Invention du sexe par micro-organismes

16 décembre

570 millions d’années

Apparition des plus vieilles plantes

18 décembre

510 millions d’années

Apparition des poissons et vertébrés

21 décembre

410 millions d’années

Apparition des insectes

23 décembre

290 millions d’années

Apparition des arbres

25 décembre

230 millions d’années

Apparition des dinosaures

26 décembre

200 millions d’années

Apparition des mammifères

27 décembre

150 millions d’années

Apparition des oiseaux

29 décembre

70 millions d’années

Apparition des primates

30 décembre

65 millions d’années

Mort des dinosaures

31 décembre

22 h 30

4,4 millions d’années

Apparition des premiers hommes en Afrique

31 décembre

23 h 50

17.000 ans

Peintures dans grottes de Lascaux et Chauvet

31 décembre

23 h 59mn 50s

Civilisation égyptienne. Astronomie

31 décembre

23 h 59mn 55s

Naissance du Bouddha

31 décembre

23 h 59mn 56s

Naissance du Christ

31 décembre

23 h 59mn 59s

Renaissance. Naissance de la science

31 déembre

Minuit

Conquête de l’espace

Recherche d’intelligence extra-terrestre

Péril écologique

 

 

Encadré n°3

 

Quelques chiffres

- 1 minute-lumière équivaut à 18 millions de km

- 1 heure lumière équivaut à 1 milliard de km

- 1 année-lumière équivaut à 10.000 milliards de km

- Distance soleil-terre : 8 minutes-lumière

- Distance système solaire jusqu’à Pluton : 5,2 heures-lumière

- Distance du Soleil au centre galactique : 30.000 années-lumière

- Voie Lactée : disques de 90.000 années-lumière

- Distance de la Voie lactée à Andromède : 2,3 millions d’années-lumière

- Télescopes les plus puissants observent jusqu’à une distance de 12 milliards d’années-lumière

- Univers observable (la partie de l’univers dont la lumière a eu le temps de nous parvenir) a un rayon de 47 milliards d’années-lumière

 

 

Bibliographie de Trinh Xuan Thuan :

  • La Mélodie secrète, Fayard, 1988
  • Un astrophysicien, Beauchesne-Fayard, 1992
  • Le Destin de l'Univers, Découvertes Gallimard, 1992
  • le Chaos et l'Harmonie, Fayard, 1998
  • L'Infini dans la paume de la main, avec Matthieu Ricard, Nil éditions, 2000
  • Origines : La nostalgie des commencements, Fayard, 2003
  • Les Voies de la lumière : Physique et métaphysique du clair-obscur, Fayard, 2007
  • Voyage au cœur de la Lumière, Découvertes-Gallimard, 2008
  • Le Monde s’est-il créé tout seul ? avec Ilya Prigogine, Albert Jacquard, Joël de Rosnay, Jean-Marie Pelt et Henri Atlan, Albin Michel, 2008
  • Dictionnaire amoureux du Ciel et des Étoiles, Plon/Fayard, 2009
  • Le Big bang et après ?, avec Alexandre Adler, Marc Fumaroli et Blandine Kriegel, Albin Michel, 2010
  • Le Cosmos et le lotus, Albin Michel, 2011
  • Désir d’infini : des chiffres, des univers et des hommes, Fayard, 2013

 

 

À lire

 

Désir d’infini

Trinh Xuan THUAN, Éditions Fayard, 400 pages, 21,50 pages

Ce livre nous transporte dans le sujet le plus vaste et le plus troublant que la conscience humaine puisse embrasser : l’infini. De tout temps, il a fasciné les hommes, qu’ils soient artistes, philosophes ou scientifiques. Mais l’infini se manifeste-t-il vraiment dans la réalité physique, ou est-il seulement un concept de notre imagination, comme le pensait Aristote ? Des artistes comme M. C. Escher, des écrivains comme Jorge Luis Borges ont tenté de le représenter, mais c’est Georg Cantor qui assoit fermement l’infini dans le paysage des mathématiques et nous dévoile ses propriétés étranges et magiques... Quoi de plus normal que ce soit l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, observateur de l’immensité du cosmos depuis plus de quarante ans, co-auteur avec Matthieu Ricard du livre au titre évocateur L’infini dans la paume de la main qui nous sert de guide avec sa pensée pédagogique et sa plume poétique. Encore une fois il nous étonne…

 

 

Origine et fin du monde selon les mythes et les religions

Joëlle DESIRE-MARCHAND, Éditions Salvator, 636 pages, 24,50 €

Une étude de ce vaste sujet que l’auteure a organisé en cinq chapitres : cosmologies liées à territoire et époque, philosophies d’Asie, les quatre religions planétaires, la plus ancienne cosmovision, les cosmovisions en Amérique. Sa conclusion porte sur la convergence de ces visions avec nos connaissances actuelles et sur la nécessité d’une sagesse à perpétuer pour éviter la fin de notre monde.

 

 

Aux origines du monde

Jean-Pierre VERNET Éditions du Seuil, 232 pages, 19 €

 

Les récits de la naissance du monde sont très anciens et s’inspirent de mythes, eux-mêmes également très archaïques qui racontent «une vérité». Cet ouvrage fait le point sur les récits de l’origine du monde émanant à la fois de civilisations anciennes comme des scientifiques, dont les découvertes précisent ou remettent en cause l’histoire du monde, en s’inspirant aujourd’hui des observations des planètes et des autres systèmes stellaires. Par un astronome chevronné.

 

Le monde a-t-il été créé en sept jours ?

Pascal PICQ, Éditions Perrin, 234 pages, 19,50 €

L’auteur démonte facilement cette théorie créationniste pour faire prévaloir la théorie du hasard. Énumérant les mythes cosmogoniques qui évoluent comme les peuples, leurs langues et leurs cultures, il conclue : «L’Homo sapiens est un grand singe qui a besoin de croire...»

 

Destin cosmique

Pourquoi la nouvelle cosmologie place l’homme au centre de l’Univers ?

Joel R. PRIMACK et Nancy Ellen ABRAMS, Traduit de l’Américain par Céline LAROCHE, Éditions Grand Livre du Mois, 397 pages, 23 €

 

Écrit par un professeur de physique à l’université de Californie, un des pionniers dans le domaine de la matière noire que contiendrait l’univers et par une spécialiste de la philosophie des sciences et de la kabbale juive, ce livre explique le principe anthropique (ensemble des considérations qui visent à évaluer les conséquences de l’existence l’homme sur la nature des lois de la physique et de la biologie). Les auteurs affirment que l’homme est au centre de l’Univers car il est l’être le plus complexe de la Terre, il vit sur la Terre qui est à la moitié de son existence. L’ouvrage montre également en rapprochant des concepts cosmologiques de certains concepts de la Kabbale comment science et tradition religieuse peuvent dialoguer à condition de se situer à un niveau subtil et non au niveau d’une lecture littérale. En partant des résultats scientifiques les plus pointus (théorie de la relativité, physique des particules et mécanique quantique, sciences de l’histoire de la vie et de l’homme...) et dans un langage accessible, les auteurs ont tenté de réinventer une mythologie capable d’en transcender le sens pour redonner à l’homme sa vraie place dans l’univers.